Acupuncture / Acupression

L'acupuncture ou acuponcture dont la caractéristique la plus représentative est son traitement par implantation d'aiguilles, forme l'une des composantes de la médecine respectant les traditions chinoise.



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Acupuncture - Médecine non conventionnelle

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Acupuncture du poignet

L'acupuncture ou acuponcture (du latin : acus, «aiguille» et pungere, «piquer»[1]) dont la caractéristique la plus représentative est son traitement par implantation d'aiguilles, forme l'une des composantes de la médecine respectant les traditions chinoise.

L'acupuncture respectant les traditions est un art thérapeutique qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l'Homme et de l'univers : l'Homme, microcosme, organisé à l'image du Macrocosme universel, s'en trouve par conséquent soumis aux mêmes règles, qui devront inspirer son mode de vie, et serviront de trame à l'élaboration de l'acte médical.

L'efficacité de l'acupuncture fait toujours débat au sein de la communauté scientifique.

Antiquité

En Inde, l'utilisation de l'acupuncture est mentionnée il y a à peu près 5 000 ans dans l'Ayurveda (traité de médecine ayurvédique) et elle reste utilisée aujourd'hui en médecine respectant les traditions indienne.

Le papyrus Ebers (Eber 854a), qui date de -1 500, en pleine Égypte antique, et visible au British Museum, donne une représentation de canaux dans lesquels circule un fluide (sang ou Qi[2]) et nommés metu.

Premières traces de l'acupuncture chinoise

Acupuncture : points et méridiens selon un dessin de l'époque de la dynastie Ming

Les premières traces pourraient remonter à l'âge de pierre où des instruments affûtés auraient été utilisés pour soigner les douleurs. Des aiguilles d'os ou de bambou auraient pu être utilisées avant la découverte de la technique de coulage du bronze (dynastie Chang - du XVIe au XIe siècle av. J. -C. ) [3].

Le Huangdi Nei Jing est une compilation d'écrits sur l'acupuncture, la moxibustion mais également l'usage des drogues thérapeutiques, des massages et de la gymnastique, datée de la période des Royaumes combattants (-500 à -220) et la dynastie Han (-206). Il forme la source historique la plus ancienne, quoique seules des éditions postérieures à sa période de rédaction supposée aient été retrouvées. L'acupuncture et la théorie des méridiens sont décrites dans certains des ouvrages datant du début de la dynastie Han (-168, soit 50 ans à peu près après la fin des Zhanguo) trouvés dans une tombe des Han (Mawangdui, 1973-1975).

Arrivée en Europe

L'acupuncture aurait été introduite en Europe au XVIIe siècle par Willem Ten Rhyne, médecin hollandais de la Compagnie des Indes (1679) qui l'aurait découverte à Nagasaki au Japon où il séjourna pendant deux ans, mais aussi par Kæmpfer. Un siècle plus tard, Dujardin et Vicq d'Azyr relatent le procédé dans leurs ouvrages respectifs. Cependant, il semble que ce soit Louis Berlioz, père du compositeur qui, le premier, en ait tenté la pratique en France (1810), imité ensuite par de nombreux médecins. À partir de 1853, le consul Dabry participe à sa diffusion en Europe, mais ce n'est vraiment qu'à partir de 1927 qu'elle va devenir populaire grâce aux travaux du sinologue George Soulié de Morant[4].

Époque industrielle

L'acupuncture fut interdite en 1822 par l'empereur chinois et supprimée du programme du Collège médical impérial. Mais elle survivra.
Mao Zedong essaiera lui aussi d'éliminer cette pratique - à cause de ses fondements taoïstes incompatibles avec l'idéologie marxiste - avant de la réhabiliter.
Actuellement, l'acupuncture occupe en Chine une large place dans la médecine pour un vaste éventail de pathologies[3], surtout dans les hôpitaux dont certains se sont vus transformés en hauts lieux touristiques[5]. De colossales expériences ont été entreprises, pas forcément en accord avec les principes respectant les traditions orthodoxes, aboutissant à la multiplication des points localisés hors méridiens, ainsi qu'à l'avènement de nouvelles techniques telles que l'analgésie[6] par acupuncture.
Taïwan, où ont pu trouver refuge ceux des maîtres acupuncteurs qui ont échappé aux purges de Mao lors de son arrivée au pouvoir, reste un des hauts-lieux de l'acupuncture respectant les traditions.
Un consul français en Chine, George Soulié de Morant (1878-1955), étudia l'acupuncture durant son long séjour dans l'Empire du Milieu, et publia lors de son retour en France un imposant traité qui fait toujours référence aujourd'hui[7].

Théorie traditionnelle

Selon la tradition chinoise, l'être vivant, et ici surtout l'homme, est une organisation résultant de la combinaison de matière - le corps matériel ou physique - de nature yīn, et d'énergie - qui anime la matière - de nature yáng. L'équilibre harmonieux entre ces deux composants conditionne l'état de santé. Les perturbations de cet équilibre sont responsables de la maladie. Toute perturbation de nature à rompre cet équilibre affecte en premier lieu préférentiellement l'énergie. A titre d'exemple, un excès de yáng pourra générer une douleur soudaine, une inflammation, des spasmes, un mal de tête ou encore une augmentation de la tension. Un excès de yīn pourra se traduire par des douleurs diffuses, une sensation de froid, de la rétention d'eau ou une grande fatigue.

L'énergie (Qi) est mouvement et sa perturbation princeps sera l'entrave au mouvement : le blocage. L'énergie bloquée en une région du corps matériel s'accumule en amont du blocage, tandis que les régions en aval du blocage vont se trouver en déficit énergétique. En présence d'un état de pathologie ainsi décrit, l'acupuncteur va établir son diagnostic en recherchant les niveaux auxquels l'énergie est bloquée, et quelle est la raison du blocage. Il va ensuite appliquer son traitement en levant le blocage et en corrigeant, si cela se peut, la raison de ce blocage. L'aiguille, entre autres moyens, va lui permettre de diriger le cours des énergies.

L'énergie circule surtout le long de conduits nommés méridiens, et , à partir de ces méridiens, se répand dans tout le corps pour insuffler son principe vitalisant (yáng) à la totalité des constituants de l'organisme. Elle a une certaine correspondance avec le sang, qui, lui-même, circule dans des conduits (vaisseaux) et se répand dans tout le corps pour l'irriguer de son principe yīn.

En outre, il y a plusieurs énergies, chacune ayant sa spécialité ; outre les méridiens principaux, il y a toujours une foule de méridiens aux fonctions diverses ; l'équilibre de l'organisme humain doit toujours être évalué assez à celui de son environnement, et de cycles qui vont en rythmer l'évolution, cycles avec lesquels il devra rester en harmonie et dont les correspondances matérielles (les cinq éléments) vont servir de repère à l'acupuncteur pour établir son diagnostic et son traitement, selon règles subtiles qui trouvent leur origine dans le taoïsme.

Les points

Les méridiens principaux sont parcourus de points qui sont tout autant de zones stratégiques. Au contraire de ce que s'imagine généralement le profane, ces points n'ont pas en eux de vertu thérapeutique spécifique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un point du sommeil, un point de l'angine, de la douleur dentaire ou de la colique abdominale. Les points permettent, mais aussi précisé plus haut, d'influer sur le cours des énergies.

Les points principaux pour le traitement des énergies des méridiens par l'aiguille sont ceux localisés près des extrémités. Il est facile de s'assurer de la localisation d'un point : l'implantation de l'aiguille dans la peau est habituellement indolore : le simple contact de la pointe de l'aiguille n'est pas ressenti lorsque on est exactement dans le point, tandis qu'il l'est un ou deux millimètres plus loin.

Habituellement, on compte 360 points répartis sur les méridiens qui parcourent toute la surface du corps. Cependant, d'autres points ont ensuite été identifiés et , selon le modèle utilisé, on peut trouver plus de 2 000 points.

Les méridiens

Les méridiens principaux sont au nombre de 12. Ils commencent (ou se terminent) à l'extrémité d'un doigt (ou d'un orteil). Conformément au cours d'un fleuve, dont ils sont la correspondance sur le corps, ils grossissent depuis leur source (extrémité d'un doigt) vers le centre du corps. Ils disposent de nombreux affluents, ou méridiens secondaires, et nourrissent de leur énergie la chair, les muscles, les organes internes et la totalité du corps.

Les lignes médianes du corps sont parcourues par deux méridiens spécifiques, l'un antérieur dit «conception», l'autre postérieur dit «gouverneur». Les méridiens forment par conséquent les voies par lesquelles l'organisme reçoit cette énergie, qui peut être apport nutritif, apport d'informations (surtout d'origine extérieure) mais également portes d'entrée pour certaines maladies.

Les six énergies

Elles sont : Taé Yang (Tai Yang), Chao Yang (Shao Yang), Yang Ming, Taé Yin (Tai Yin), Chao Yin (Shao Yin), Tsiué Yin (Jue Yin) [8].

Les Huit Entités psychoviscérales (BenShen)

Les cinq éléments chinois et leurs relations

L'étude des BenShen[9] est particulièrement complexe et nécessite une compréhension approfondie de la physiologie médicale chinoise et la psychologie respectant les traditions chinoise. Pour saisir pleinement ces concepts, il est recommandé de lire des ouvrages comme ceux de Jerry Alan Johnson, dont vous trouverez une référence plus bas. Voici tout de même un très bref aperçu.

On peut les classer dans les cinq éléments : Bois, le Roun (Houn)  ; Feu, le Chen (Shen)  ; Terre, le I et le Si (Yi)  ; Métal, le Pro (Po)  ; Eau, le Tche (Zhi) [8];

Ces cinq entités représentent des phases principales du Shen (l'esprit)  :

  • Le Shen est la totalité des activités mentales qui résident au cœur[9]. Shen sert à désigner aussi les activités mentales spécifiques du cœur. Ce concept réfère entre autres à la conscience, la mémoire, la pensée et le sommeil.
  • Po est l'équivalent Yin du Hun. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme corporelle. Le Po met en place les bases matérielles nécessaires à la vie, en particulier durant la grossesse, où une partie du Po de la mère est «transférée» à son enfant. Ce concept réfère entre autres choses au sentiments, aux sensations, à l'instinct, à la respiration.
  • Hun est l'équivalent Yang du Po. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme éthérée. Le Hun survit au corps à la mort et retourne alors à l'état d'énergie subtile et immatérielle. On l'attribue entre autres à la faculté de donner un sens à sa vie, à la capacité de prendre des décisions en accord avec son «moi» profond.
  • Yi pourrait être traduit par «la pensée». C'est elle qui code et décode ce que nous assimilons au cours de notre vie. Le Yi est spécifiquement sollicité lors d'études, d'efforts de concentration ou de mémorisation[9].
  • Le Zhi pourrait être traduit par «la volonté». Il permet la persévérance, la motivation. Le Zhi autorise un engagement, à une action, de perdurer dans le temps. Il permet en outre d'utiliser le langage de Yi, et de l'appliquer à la vie quotidienne.

Évaluation scientifique

Du fait des progrès scientifiques, il est assez complexe d'échafauder une théorie moderne de cette pratique respectant les traditions basée sur des éléments rationnels. Cependant, il est envisageable de démontrer qu'apporter de l'attention joue sur l'état général de la personne, même si cela ne forme pas réellement un acte médical. La pertinence des points de la théorie respectant les traditions peut aussi être évaluée de façon rigoureuse.

Effets physiologiques

Le concept de méridien est un concept empirique, établi à une époque où on ne connaissait pas ou peu le fonctionnement de l'organisme. Le corps est parcouru de réseaux donnant la possibilité la distribution des informations (dispositif nerveux) et des produits nécessaires au fonctionnement des cellules (surtout circulation sanguine)  ; la notion de méridien a par conséquent pu être une compréhension intuitive de cette distribution à partir d'organes vitaux.

Certaines pressions à travers la peau induisent des actions réflexes, et la palpation à travers la peau est membre de la démarche diagnostique (par exemple prise du pouls, palpation des ganglions). Il serait par conséquent séduisant de voir l'acupuncture comme une découverte empirique de certains de ces phénomènes.

Mais à cause de la complexité du fonctionnement de l'organisme, l'efficacité d'une méthode thérapeutique ne peut être établie que par des études cliniques, utilisant surtout des méthodes statistiques et la comparaison avec l'effet placebo. Ces études doivent être réalisées en double aveugle. Jusqu'désormais, aucune étude reconnue mondialement par la communauté scientifique n'a pu apporter un quelconque élément qui étayerait la thèse de l'existence des méridiens.

Les auteurs d'études scientifiques récentes[10], réalisées en Allemagne et utilisant la thermographie dermique, prétendent démontrer que l'application d'une source de chaleur sur les points d'acupuncture se traduit par une diffusion spécifique privilégiée sur des trajets correspondant aux trajets habituellement décrits pour les méridiens. Ces études doivent désormais être analysées par la communauté scientifique avant d'être reconnues comme valides.

Les études dirigées par le Dr. J. E. H. Niboyet ont mis en évidence une diminution de la résistivité électrique de la peau au niveau du point d'acupuncture[11].

En novembre 1985, une mystification a été mise en œuvre pour démontrer un effet de l'acupuncture : les docteurs Darras, Albarède et de Vernejoul ont prétendu avoir visualisé un méridien grâce à un isotope radioactif[12]. La publication de leur découverte a coïncidé avec la sortie d'un ouvrage de vulgarisation sur l'acupuncture par les mêmes auteurs. Le magazine Science et Vie fut un des seuls journaux grand public de l'époque à critiquer la méthodologie[13]. Les conclusions ont été contredites en 1988 par le professeur Lazorthes[14], qui a reproduit la même expérience en suivant un protocole rigoureux et qui a démontré que la migration du marqueur suivait un trajet veineux : les conclusions de 1985 sur l'existence de méridiens étaient par conséquent erronées[15].

Efficacité clinique

L'efficacité clinique réelle de l'acupuncture est complexe à évaluer. La méthodologie préférentielle est de comparer l'action de l'acupuncture respectant les traditions (sur les méridiens classiques) à celle d'une acupuncture «placebo» où les aiguilles sont situées ailleurs que sur ces mêmes méridiens. Les études montrent des résultats partagés avec une efficacité quelquefois identique des deux techniques, tant dans les migraines[16] que dans les douleurs chroniques de dos[17] [18].

L'implantation aléatoire d'aiguilles, sans tenir compte des méridiens respectant les traditions, perfectionnerait significativement l'état du patient comparé à un traitement sans implantation. Selon cette dernière étude, le perfectionnement serait supérieure de 75 % aux traitements conventionnels de la médecine occidentale[19]. Ce qui permet au professeur Heins Endres, co-directeur allemand de cette étude, de dire que «l'acupuncture pour les douleurs dorsales basses est extrêmement prometteuse».

Des médecins se sont d'ailleurs exprimés en faveur de l'acupuncture à l'issue de cette expérience : c'est le cas de Briar Berman, directeur de l'université du Maryland, et de James Young, du centre médical de l'université de Chicago. «La supériorité des deux formes d'acupuncture suggère un mode d'action commun, explique le docteur Haake. Ces thérapies agissent certainement sur la génération de la douleur ou sur sa transmission par le dispositif nerveux central. En tout cas, ce mode d'action est plus efficace que les traitements conventionnels.»[20]

Risques

Une aiguille d'acupuncture se doit d'être stérile

L'acupuncture est une technique délicate et toute mauvaise pratique, comme pour toute intervention médicale ou paramédicale, peut avoir des effets nocifs. C'est le cas par exemple si les aiguilles ne sont pas stériles, inadaptées ou appliquées dans des zones sensibles. Certains praticiens ne recourant pas à la stérilisation (ou utilisant des stérilisations «alternatives») peuvent transmettre des infections entre les patients, de la même façon qu'avec des aiguilles de seringues si elles étaient utilisées plusieurs fois. En Occident, pour prévenir ce risque on utilise généralement des lots d'aiguilles à usage unique. Au Québec, l'ensemble des acupuncteurs sont soumis à une réglementation les obligeant à n'utiliser que des aiguilles à usage unique, ce qui réduit à un taux presque nul tout risque d'infection. Les normes ne sont pas les mêmes dans l'ensemble des lieux du globe.

Diplômes et formations

En France, il existe 2 DIU (diplôme inter-universitaire) d'acupuncture, destinés aux médecins (DIU d'acupuncture générale) ainsi qu'aux sages-femmes (DIU d'acupuncture obstétricale), tous deux d'une durée de trois ans.

Le DIU d'acupuncture générale est enseigné au sein de sept facultés de médecine : Aix-Marseille 2, Montpellier 1, Nantes, Paris XIII, Bordeaux 2, Lyon 1, Strasbourg I ; celui d'acupuncture obstétricale l'est au sein de quatre universités de médecine : Paris XIII, Strasbourg 1, Montpellier 1 et Rouen.

En Chine, il existe un enseignement universitaire d'une durée minimale de cinq années, ouvert à tous (médecins ou non).

Plusieurs écoles en France proposent un enseignement en coopération ou non avec des universités chinoises (Pékin, Shanghai, Tianjin, Chengdu... ) ouvert à tous, médecins ou non.

Au Québec, le Cégep de Rosemont qui fait office de référence, propose un programme de formation délivrant le titre d'acupuncteur.

Exercice de l'acupuncture

En France, l'acupuncture ne peut être exercée légalement que par un docteur en médecine[21]. Cette condition est indispensable et suffisante : l'acupuncture n'est pas une spécialité mais une «orientation», qu'il est loisible de déclarer, sans aucun contrôle[22]. Dans d'autres pays de l'Union européenne, la législation accorde un statut légal à l'acupuncture, ainsi qu'à d'autres pratiques non-conventionnelles. Une résolution recommandant la généralisation de ce type de statut a été adoptée par le parlement européen, mais elle n'a aucun caractère contraignant[21].

Au Québec, il existe un ordre des acupuncteurs qui délivre l'autorisation d'exercer. Il est indispensable d'avoir suivi un programme de formation semblable à celui du Collège de Rosemont, financé par le Ministère de l'Éducation du Québec, qui s'adresse à tout public, médecin ou non. Plusieurs régimes d'assurances privés et publics québécois couvrent d'ailleurs les frais d'acupuncture jusqu'à concurrence d'un montant maximum par année.

Indication thérapeutique selon l'acupuncture occidentale

Selon l'American Academy of Medical Acupuncture (2004), l'acupuncture peut être reconnue comme une thérapie complémentaire pour les pathologies suivantes[23]. Ces indications sont basées sur une expérience clinique et ne sont pas forcément contrôlées par des recherches cliniques. Les astérisques * indiquent que l'Organisation Mondiale de la Santé valide ces indications dans sa publication Acupuncture : Review and Analysis of Reports on Controlled Clinical Trial[24].

  • distension abdominale / flatulences *
  • contrôle de douleurs aiguës et chroniques *
  • sinusites allergiques *
  • anesthésie pour les patients à haut risque ou patients ayant un historique d'effets indésirables aux anesthésiques
  • anxiété, attaques de panique *
  • arthrite / arthrose *
  • douleurs thoraciques atypiques
  • bursite, tendinite, syndrome du canal carpien *
  • troubles gastro-intestinaux fonctionnels (nausées et vomissements, spasmes œsophagiens, hyperacidité, côlon irritable) * [25]
  • syndromes du col de l'utérus et du rachis lombaire *
  • constipation, diarrhée *
  • toux avec contre-indications médicamenteuses *
  • désintoxication (drogues) *
  • dysménorrhée, douleurs pelviennes *
  • douleurs d'épaule *
  • céphalées (migraines et tensions), vertiges (maladie de Menière), acouphènes *
  • palpitations idiopathique, tachycardie sinusale
  • maîtrise de la douleur, de l'œdème, renforcement de processus de guérison en cas de fractures
  • spasmes musculaires, tremblements, les tics, les contractures *
  • névralgies (trijumeau, zona, postzostérienne douleur, autres)
  • paresthésie *
  • hoquet persistant *
  • douleurs de membres fantômes
  • fasciite plantaire *
  • iléus post-traumatique et post-opératoire *
  • syndrome prémenstruel (Certains auteurs restent particulièrement sceptiques quant à l'efficacité de l'acupuncture dans ce cas[26] ; des expériences en acupression, forme de traitement respectant les traditions proche de l'acupuncture, auraient validé au contraire l'efficacité des points d'acupuncture pour cette indication[27], [28]
  • certaines dermatoses (urticaire, prurit, eczéma, psoriasis)
  • séquelles d'accident vasculaire cérébral (aphasie, hémiplégie) *
  • handicapés moteurs du septième nerf crânien
  • hyperthermie sévère
  • entorses et contusions
  • bruxisme *
  • incontinence urinaire, rétention (neurogène, spastique, les effets indésirables de médicaments) *

D'autres sources préconisent l'utilisation de l'acupuncture pour la stérilité, dans le cadre de la fécondation in vitro. L'acupuncture pourrait perfectionner sensiblement le taux de succès des FIV[29]. Elle est utilisée dans certains pays anglophones dont les États-Unis.

Acupression, l'acupuncture sans aiguille

L'acupression est une variante populaire et sans aiguille de l'acupuncture. Faute d'aiguille disponible, on utilise la pression du doigt, du coude, du pied, etc. selon l'effet désiré sur le point d'acupuncture. Cette pratique est particulièrement répandue en Asie (Thaïlande par exemple).

Cependant, le nombre des points stimulables par acupression est réduit comparé à l'usage de l'aiguille. La plus faible précision du procédé d'acupression le limite en acte et en effet. L'acupression permettrait de traiter des maux courants et de prévenir les faiblesses des organes. Par exemple : relâchement du nerf sciatique (et de la douleur et gêne occasionnées) par pression forte des pouces sur des points spécifiques au niveau du bassin.

L'acupression se pratique sur soi-même ou sur une autre personne, sans formation spécifique, si ce n'est , en Asie, la transmission orale par le maître. Des ouvrages européens vulgarisent ce procédé[30].


L'acupuncture au laser

Utilisé moins fréquemment dans la pratique de l'acupuncture, le laser sert à stimuler un point d'acupuncture par la chaleur chez des personnes particulièrement jeunes ou sensibles[31]. Ce procédé possède plusieurs avantages : il est peu coûteux, complètement indolore et ne laisse aucune marque. Les effets génèrés sont sensiblement les mêmes que ceux attendus par l'acupuncture respectant les traditions (soulagement de la douleur, résorption d'une inflammation, accélération du processus de régénération des tissus etc. ).
Il est utilisé de la même façon que les aiguilles et il en existe plusieurs modèles dont les caractéristiques sont différentes.

La thérapie laser est de plus en plus courante et s'applique désormais à des personnes de tous âges. Cependant, ces applications grandissant, son coût suit le même chemin.

Autres techniques

Pratique de la moxibustion

La moxibustion est une méthode qui utilise le plus fréquemment pour chauffer les points un cigare d'armoise (à cause de sa lente combustion) nommé moxa[32]. On peut produire les mêmes effets grâce à un dispositif de ventouses et de massages.

Notes et références

  1. Alain Rey, Le Robert, dictionnaire historique de la langue française.
  2. Le Qi est représenté par l'esprit dans certaines religions et par l'énergie spirituelle ou l'énergie vitale dans d'autres.
  3. ab Académie de médecine respectant les traditions chinoise (Pékin) Précis d'acupuncture chinoise, Dangles, 1985, traduction de An Outline of Chinese Acupuncture, Éditions en langue étrangères de Pékin en 1975
  4. Acupuncteur. blog. fr Blog consacré à l'acupuncture
  5. Dr. Jean Clouzet et Dr. Monique Horwitz, Comment se soignent les Chinois actuellement, Robert Lafont, 1980.
  6. Jean Bossy, «Acupuncture, moxibustion, analgésie acupuncturale», Synthèse des travaux des symposia de Pékin, 1 - 5 juin 1979, Doin, 1980.
  7. George Soulié de Morant, L'Acupuncture chinoise, Maloine, 1972.
  8. ab Les termes entre parenthèses sont ceux utilisés actuellement, selon la nomenclature PinYin.
  9. abc Passeportsante. net Esprits et entités psychoviscérales
  10. Schlebusch KP, Maric-Œhler W, Popp FA. «Biophotonics in the infrared spectral range reveal acupuncture meridian structure of the body». J. Altern Complement Med. 2005 Feb;11 (1)  :171-3.
  11. Professeur Audier (C. H. U. de la Timone, Marseille), Cours d'acupuncture, Maisonneuve, 1977.
  12. DeVernejoul et al., «Étude des méridiens d'acupuncture par des traceurs radioactifs», Bul. Acad. Natle. Med. , 169 :-1071-1075, 1985.
  13. Science & vie, no 819
  14. chef de service de neurochirurgie du centre hospitalier universitaire de Rangueil (Toulouse)
  15. Des aiguilles et des hommes
  16. John Sorri, L'acupuncture empêche-t-elle le mal de tête ?, 22 septembre 2005, JIM
  17. Haake M, Müller HH, Schade-Brittinger C, German acupuncture trials (GERAC) for chronic low back pain, Arch Intern Med, 2007;167 :1892-1898
  18. Cherkin DC, Sherman KJ, Avins AL et Als. A randomized trial comparing acupuncture, simulated acupuncture, and usual care for chronic low back pain, Arch Int Med, 2009;169 :858-866.
  19. [1] Texte en chinois commentant l'article de Haake, Archive of internal Med, 2007
  20. Le journal santé : Mal de dos : l'acupuncture
  21. ab Législation de l'acupuncture en France
  22. Acupuncture et pseudo-médecines
  23. (en) Medical Acupuncture Review : Safety, Efficacy, And Treatment Practices. Steven E. Braverman, MD
  24. Résumé d'un rapport de l'OMS sur l'acupuncture datant de 2002
  25. (en) Electro-acupuncture of Tsusanli and Shangchuhsu re... [Hepatogastrœnterology. 2007] - PubMed Result
  26. (en) Transcutaneous electrical nerve stimulation and acupuncture for primary dysmenorrhœa. Proctor ML, Smith CA, Farquhar CM, Stones RW
  27. Pouresmail Z, Ibrahimzadeh R, Effects of acupressure and ibuprofen on the severity of primary dysmenorrhea, J Tradit Chin Med, 2002;3 :205-10
  28. Taylor D, Miaskowski C, Kohn J, A randomized clinical trial of the effectiveness of an acupressure device (relief brief) for managing symptoms of dysmenorrhea, J Altern Complement Med, 20028 (3)  :357-70
  29. Manheimer E, Zhang G, Udoff L et als. Effects of acupuncture on rates of pregnancy and live birth among women undergoing in vitro fertilisation : systematic review and meta-analysis, BMJ, 2008;336 :545-549
  30. Vos mains sont votre premier médecin, les techniques simples du massage, N. Volf, Pocket evolution.
  31. Le laser au lieu des aiguilles
  32. Passeportsante. net La moxibustion


Bibliographie
  • Antoine Bereder, Atlas photographique d'acupuncture, Éd. Quintessence, Aubagne, 2008, 559 p. (ISBN 978-2-913281-90-5)
  • Jean-François et Marie-Pierre Borsarello, Aide-mémoire de l'acupuncteur traditionnel, Elsevier, Masson, Issy-les-Moulineaux, 2007, 121 p. (ISBN 978-2-294-70062-0)
  • Michel Frey, L'acupuncture, comprendre cette médecine : médecine chinoise, ou l'art de guérir par la prévention, Éditions You Feng, Paris, 2007, 156 p. (ISBN 978-2-84279-309-8)
  • Ghéorghiï Grigorieff, L'acupuncture : des aiguilles à l'automassage des points chinois, Eyrolles, Paris, 2007 (2e éd. ), 258 p. (ISBN 978-2-212-53823-6)
  • Ronald Guilloux, De l'exotique au politique : la réception de l'acupuncture extrême-orientale dans le dispositif de santé français (XVIIe-XXe siècles) , Université de Lyon 2, 2006 (thèse de Science politique)
  • Jean Motte, Vade-mecum d'acupuncture traditionnelle, Guy Trédaniel éd., Paris, 2008, 495 p. (ISBN 978-2-84445-867-4)
  • Claudie Terral, Douleur et acupuncture : de la douleur à la clinique, Sauramps Médical, Montpellier, 2009, 305 p. (ISBN 978-2-84023-611-5)

Sites favorables à l'acupuncture

Sites critiques vis-à-vis de l'acupuncture

Recherche sur Amazone (livres) :




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