Homéopathie

L'homéopathie ou homœopathie est une médecine non conventionnelle, définie pour la première fois par Samuel Hahnemann au XVIII e qui consiste à administrer au malade des doses faibles ou illimitétésimales d'un médicament conçu selon le principe de similitude.



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Homéopathie - Médecine non conventionnelle - Pseudo-médecine

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Définitions :

  • Méthode thérapeutique le plus souvent reconnue comme une pseudo-science, qui consiste à donner au patient à dose illimitétésimale la... (source : fr.wiktionary)
  • (homéo; pathie). Syn. homœopathie, homéothérapie. Méthode thérapeutique basée sur l'administration à un malade, à doses particulièrement faibles, de substances capables de provoquer chez l'homme sain, à doses plus élevées, des manifestations identiques aux symptômes présentés par le malade. (source : nzdl.sadl.uleth)
Remèdes homéopathiques des tubes de granules et des flacons à gouttes

L'homéopathie ou homœopathie (du grec όμοιος / hómoios, «semblable» et πάθος / páthos, «souffrance» ou «maladie») est une médecine non conventionnelle, définie pour la première fois par Samuel Hahnemann au XVIIIe qui consiste à administrer au malade des doses faibles ou illimitétésimales d'un médicament conçu selon le principe de similitude.

Elle est reconnue par l'essentiel de la communauté scientifique comme une "pseudo-science"[1].

Les praticiens de l'homéopathie, appelés homéopathes, affirment qu'une personne atteinte d'une maladie peut être traitée au moyen de la substance produisant des symptômes identiques à ceux de la maladie chez une personne en bonne santé. C'est l'ancien principe de similitude, énoncé par Hippocrate au Ve siècle av. J. -C. .

Selon les homéopathes, la dilution successive, avec une dynamisation (secousses) entre chaque dilution, supprime les effets toxiques du médicament alors que quelques qualités de la substance sont conservées dans des cas spécifiques par le solvant[2] (eau, sucre ou alcool). Le produit final est fréquemment si dilué qu'il n'est plus matériellement discernable de l'eau pure, du sucre ou de l'alcool. Reconnaissant cette particularité, les homéopathes évoquent une "empreinte" que laisseraient certaines molécules dans le substrat.

Les praticiens choisissent les traitements après une consultation qui prend en compte l'état physique et psychique du patient, les deux étant reconnus comme des critères importants pour la sélection du médicament.

L'effet des médicaments homéopathiques est le plus fréquemment reconnu identique à celui de l'effet positionnébo[3]. L'efficacité des traitements homéopathiques au-delà de l'effet placebo n'est étayée par aucune étude scientifique ou clinique reconnue par la communauté médicale. L'absence de preuves scientifiques convaincantes pour appuyer son efficacité et son fondement sur le principe d'un médicament sans aucune molécule active la font qualifier Outre-Atlantique de pseudoscience et de charlatanisme, ou selon une revue médicale de 1998[4] : «Au mieux, une positionnébothérapie. Au pire, du charlatanisme». Les enjeux financiers étant importants tant pour les laboratoires de produits allopathiques qu'homéopathiques, un lobbying permanent de part et d'autre brouille la lecture de la situation. Des méta-analyses de l'homéopathie comparant les résultats d'études sont confrontées à des difficultés à cause de biais de publication mais également parce que la majorité de ces études souffrent de lacunes ou contradictions dans leurs méthodes.

L'absence d'effets secondaires de l'homéopathie n'est pas contestée étant donné que la controverse porte sur l'existence ou non d'un effet quelconque.

L'utilisation mondiale actuelle de l'homéopathie au cours d'une année fluctue de 2 % des personnes au Royaume-Uni ainsi qu'aux États-Unis, à 15 % en Inde, et jusqu'à 36 % en France[5].

Les remèdes homéopathiques sont le plus souvent reconnus comme sans danger. Cependant, de rares homéopathes ont été critiqués pour mettre des patients en danger en leur conseillant d'éviter la médecine conventionnelle (appelée allopathie par les homéopathes), comme la vaccination, des antipaludiques et des antibiotiques. Un autre danger indirect de ces pratiques réside dans le fait que la confiance qu'on y place retarde la prise de conscience et le diagnostic d'une maladie grave par la médecine et par conséquent diminue les chances de guérison. Dans de nombreux pays, les lois qui régissent la réglementation et les essais de médicaments conventionnels ne s'appliquent fréquemment pas aux remèdes homéopathiques.

En France, depuis 2004, le taux de remboursement des remèdes homéopathiques est passé de 65% à 35%.

Histoire

Samuel Hahnemann, théoricien de l'homéopathie
Article détaillé : Histoire de l'homéopathie.

Utilisé dans l'Antiquité, le soi-disant principe de similitude fut "redécouvert" (ou plutôt découvert) par un médecin saxon, Samuel Hahnemann (1755-1843), quand il réalisa que l'écorce de quinquina provoquait les mêmes symptômes que la «fièvre tierce».

En 1796, il pose les bases de l'homéopathie dans un essai[6], puis c'est en 1810, qu'il finalise sa théorie avec «Organon der heilkunst» (Organon de l'art de guérir). [7]

Dans les années 1830, l'homéopathie commença à se répandre en France, ainsi qu'aux États-Unis. Les pharmaciens refusant de produire ces prétendus remèdes[citation nécessaire], les disciples d'Hahnemann durent les fabriquer eux-mêmes.

À la mort d'Hahnemann, en 1843, l'homéopathie déclina en Europe et , ce n'est qu'au début du XXe siècle, avec la naissance des premiers laboratoires puis l'enthousiasme pour les paramédecines, qu'elle commença son histoire industrielle et sa large diffusion auprès des patients.

Bases

Les bases, fixées par Hahnemann doivent respecter trois règles :

L'homéopathie s'oppose à l'allopathie, terme aussi découvert par Hahnemann et qui sert à désigner tout traitement médicamenteux qui ne s'appuie pas sur la similitude lors du choix thérapeutique, mais sur le «principe des contraires». Ainsi, la phytothérapie est une méthode de soin allopathique. Néanmoins, les notions de «principe des contraires» ou «principe de similitude» ne possèdent pas de fondements scientifiques ou même empiriques. L'adjectif correspondant est «homéopathique» et la personne appliquant cette méthode est un «homéopathe». Par glissement sémantique, «homéopathique» sert à désigner fréquemment dans le langage familier une dose minime d'un produit, par référence aux caractéristiques actuelles de l'homéopathie, tandis que la signification originelle du terme homéopathie est traiter par similitude : la substance choisie pour traiter la personne malade est dite «homéopathique du malade».

Efficacité thérapeutique

L'efficacité thérapeutique de l'homéopathie a-t-elle un effet autre que l'effet placebo ? Voir à ce sujet la controverse :

Les procédés utilisés en homéopathie sont fortement sujets à controverses, surtout sur la mémoire de l'eau et l'utilisation des dilutions extrêmes, mais aussi des granules de sucre :

Principes

L'homéopathie est construite sur un principe et ses corollaires formulés ensemble par Hahnemann à la fin du XVIIIe siècle.

La similitude

«Similia similibus curantur»
    — Les identiques sont guéris par les identiques (à l'opposé de la médecine des contraires, «Contraria contrariis curantur»).

L'homéopathie repose sur le principe de similitude formalisé par Hahnemann après l'unique observation de l'effet de l'écorce de quinquina : le paludisme s'accompagne de fièvre et l'écorce de quinine quinquina à forte dose provoque une intoxication aussi accompagnée de fièvre, Hahnemann a supposé que celle-ci activait un mécanisme de défense contre la fièvre, quelle qu'en fût la cause.

C'est lors de la généralisation de sa théorie à d'autres maladies, que les effets néfastes génèrés l'ont contraint à baisser les doses en pratiquant des dilutions. À son grand regret, la dilution classique, si elle diminuait les effets toxiques, effaçait aussi les effets pharmacologiques. Il découvrit alors la méthode de la dynamisation, qui, de manière étonnante selon ses propres dires, conservait et modifiait les effets pharmacologiques de la substance.

Le cas de l'Oscillococcinum, des laboratoires Boiron, est plus complexe. Le médicament a été conçu par Joseph Roy selon les principes de l'homéopathie, par dynamisation d'oscillocoques, un microbe imaginaire que Roy prétendit découvrir dans divers cas d'infection et surtout dans des cas de grippe. L'existence de l'oscillocoque n'a jamais été confirmée et les observations de Roy n'ont jamais été reproduites. Par conséquent, Oscillococcinum est simplement une préparation à base d'autolysat filtré de foie et de cœur de Anas barbariæ (canard de Barbarie) dynamisé à la 200e K, pour laquelle il n'existe pas de pathogénésie complète. Selon certains homéopathes[9], Oscillococcinum n'est par conséquent le plus souvent pas prescrit de façon homéopathique. Son mode de fabrication s'apparente cependant à celui d'autres remèdes homéopathiques et il possède le plus souvent, dans les pays où il est commercialisé, le statut officiel de médicament homéopathique[10].

Adaptation du soin au patient

Ce corolaire découle du principe de similitude, décrit qu'il n'y a pas de soin universel d'une maladie, d'un symptôme, et qu'on peut adapter le soin selon le patient. Il s'agit là de ce qui est fréquemment appelé «individualisation».

L'homéopathe analyse les symptômes spécifiques présentés par le patient dans sa globalité et non pas uniquement les symptômes classiques de sa maladie. Une pratique ne reposant pas sur cette analyse des symptômes spécifiques du patient n'est pas en droit de se réclamer de l'homéopathie au sens de Hahnemann.

Par conséquent, les mélanges de substances diluées, telles un antigrippal et un sédatif, ne sont pas utilisés dans les spécialités homéopathiques.

Les substances vendues librement pour des traitements symptomatiques ne respectent pas cette individualisation, dans la mesure où elles sont présentées comme pouvant traiter le symptôme quelle que soit la personne. Cet argument ad absurdum est utilisé par la communauté scientifique pour qualifier de fraude l'homéopathie.

La dynamisation (dilution associée à la succussion)

L'effet des substances dépend de la quantité administrée ; Paracelse disait d'ailleurs en substance que «c'est la dose qui fait le poison». A titre d'exemple, en thérapeutique classique, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont , selon la dose, antalgiques ou anti-inflammatoires. Ce n'est pas la dilution en soi qui produit cet effet, mais bien la dose finale ; la dilution ne sert qu'à diminuer la dose administrée.

Les expérimentations d'Hahnemann[7] lui auraient montré que le fait de secouer la solution après chaque dilution permettrait de conserver une certaine efficacité thérapeutique ; cependant, il proscrit l'emploi de sucre pour administrer ses préparations qu'il conseille d'administrer liquide juste après les avoir préparées et sans les laisser reposer. Cette succussion n'aurait pas pour but de bien mélanger la solution avant de la diluer à nouveau, mais de produire des chocs sans lesquels les qualités thérapeutiques du remède homéopathique n'apparaîtraient pas. Ce procédé, sans lequel les dilutions seraient peu ou pas actives, a été appelé «dynamisation» par Hahnemann.

Le solvant, le plus fréquemment l'eau et l'alcool, est utilisé pour effectuer des dilutions successives, au dixième (DH) ou le plus fréquemment au centième (CH) d'une solution de teinture mère. La dilution d'une solution de teinture mère dans 99 volumes de solvant est une dilution d'une centésimale hahnemannienne (1 CH, c'est-à-dire un taux de 0, 01, ou encore 1%), la dilution au centième de celle-ci est une dilution de 2 CH (soit au dix millième T = 0, 000 1 = 10-4, ou encore 0, 01%). Une dilution de n CH est une dilution de 10-2 × n ; 3 CH représente un millionième, 6 CH un millième de milliardième

Les dilutions courantes en France vont jusqu'à 30 CH, le taux de dilution est par conséquent de 10-60. Dans de nombreux pays sont utilisées des dynamisations et dilutions allant jusqu'à 200 CH. Pour donner une idée plus juste :

Plus simplement, on peut dire qu'il n'existe aucune molécule de la substance active dans les préparations homéopathiques. Les substances insolubles sont triturées dans du lactose jusqu'à obtention du seuil de solubilité servant à préparer la première dilution liquide[11]. Le reste des opérations suit le même procédé que pour les substances solubles.

La dynamisation de Semen Korsakov

Le Russe Semen Korsakov est l'auteur d'un dispositif de dilution différent, qui porte son nom. Au lieu de changer de flacon à chaque dynamisation, ce procédé vide simplement le flacon après chaque dynamisation, en considérant qu'il demeure à peu près un centième du volume d'origine (ce qui est certainement approximatif). Cette méthode a permis d'automatiser le procédé, et a conduit à l'obtention de dynamisations particulièrement poussées, jusqu'à un million de fois (MM Korsakov). En réalité, si le nombre de secousses auxquelles a été soumise la préparation est particulièrement élevé (100 millions de coups pour la MMK), la dilution est fortement modifiée, quelquefois bien plus faible que celle attendue et strictement non mesurable.

Appliquée à des substances radioactives bêta, on a compté avec la dynamisation hahnemannienne le nombre d'électrons émis. L'expérience a montré qu'il n'y a plus de radioactivité au-delà de 12 CH. Celle-ci persiste pour une dynamisation korsakovienne de 3000K. Ceci montrerait que la dilution korsakovienne est nettement moins poussée que ce que Korsakov lui-même pensait. Cela s'explique certainement par l'interaction entre la substance à diluer et la paroi : les molécules peuvent s'accrocher fortement à la paroi, et le volume n'est alors pas pertinent (le relargage en solution n'est pas proportionnel au volume qui est passé dans le flacon, mais à l'efficacité du lavage de la paroi, c'est-à-dire qu'il n'est pas exponentiel mais logarithmique comparé au nombre de passages).

Inversement, si les molécules actives n'ont aucune affinité avec la paroi, cet effet est négligeable et on retombe sur le cas de la dilution hahnemannienne. L'eau étant le meilleur des solvants, dès que l'eau est contenue dans un récipient ou passe dans un conduit, elle détache quelques molécules de la paroi. La pureté de l'eau indispensable aux dilutions homéopathiques n'existe pas. Passé le cap de 10 CH, les impuretés du solvant sont des millions de fois plus concentrées que la substance-mère de départ. Ces impuretés donnent aussi leur «empreinte» lors des succussions subséquentes, ce qui fait que, quelle que soit la substance-mère de départ… on obtient toujours la même chose à 30 CH : une solution constituée d'eau avec les impuretés de l'eau utilisée et où les composants dilués sont les matières sèches énumérées sur la constitution de toute eau sans trace de la substance supposée active.

Remèdes homéopathiques

Article détaillé : Liste des remèdes homéopathiques.

Les remèdes homéopathiques peuvent être fabriqués à partir de composés chimiques, de plantes, de champignons d'animaux ou de minéraux

Formes pharmaceutiques en homéopathie

Tube de granules de Ledum palustre à 15 CH
Globules

Les granules et globules sont la forme pharmaceutique la plus utilisée en homéopathie. Ils sont utilisés par voie sublinguale, en laissant fondre sous la langue.

Utilisation dans le monde

La popularité de l'homéopathie est en particulier remarquable en France, ce pays assurant 80% du marché des médicaments homéopathiques (et en est aussi le principal producteur) . L'emploi de cette méthode comme médecine est attesté dans quatre-vingts pays, essentiellement en Europe, en Amérique du Sud, en Inde, au Bangladesh et au Pakistan.

En Grande-Bretagne, cinq hôpitaux sont utilisateurs de traitement homéopathique. Six universités organisent un enseignement de cette matière validé par un diplôme («Bachelor of Science») même si cette pratique est contestée[13].

En Inde exercent près de 250 000 homéopathes traitant près de 10% de la population indienne avec ces seuls produits[14].

L'association humanitaire «Homéopathes sans Frontières» travaille sur la prise en charge de malades dans les pays pauvres, surtout en Afrique, et aussi pour la formation des soignants locaux.

Homéopathie vétérinaire

Dès 1833, l'homéopathie est utilisée pour traiter les animaux domestiques ou de ferme. L'homéopathie vise les pathologies courantes : dermatoses, problèmes de lactation, de comportement sexuel, de croissance, de mise bas, pathologies de l'appareil locomoteur, pathologies respiratoires, pathologies digestives… Elle est le plus souvent divisée en deux gammes selon la taille de l'animal.

Les traitements homéopathiques peuvent être utilisés seuls ou en complément d'un traitement respectant les traditions.

Les normes de l'agriculture biologique restreignent l'usage de la médecine conventionnelle et conseillent d'utiliser l'homéopathie (et d'autres traitements dits naturels comme la phytothérapie) avant tout [15]. Néanmoins, l'homéopathie n'ayant aucune efficacité[16], la majorité des vétérinaires en déconseillent formellement l'utilisation.

Situation légale

L'homéopathie est couverte par des réglementations assez différentes selon les pays.

L'Espagne et l'Italie considèrent comme la France que l'exercice de l'homéopathie relève de la médecine (bien que son objet soit reconnu comme non-scientifique) et exigent par conséquent que les homéopathes possèdent une formation de médecin classique.

Au Brésil, l'homéopathie est une spécialité médicale reconnue tout comme les autres depuis 1992. Tout médecin peut par conséquent se spécialiser en homéopathie.

En Allemagne (comme en France), certains remèdes homéopathiques peuvent être prescrits, comme d'autres médicaments, par des professionnels de santé non-médecin comme les dentistes, les sages-femmes ou les kinésithérapeutes.

Dans certains pays, les remèdes homéopathiques sont remboursés par les mécanismes d'assurance maladie, tout comme les autres médicaments (c'est le cas en France, par exemple). Dans d'autres pays, comme l'Allemagne (depuis 2003), l'Espagne, la Finlande, l'Irlande, l'Italie, la Norvège et la Suède, l'homéopathie n'est pas prise en charge par les dispositifs de santé.

Les préparations homéopathiques sont généralement en vente libre sans ordonnance (automédication). Dans certains pays, leur vente est réservée aux pharmacies, comme pour les médicaments.

En Europe, l'homéopathie est un produit devant obtenir une autorisation de mise sur le marché, quoiqu'il puisse être dispensé d'étude clinique préalable[17]. L'homéopathie est décrite à la pharmacopée européenne.

En France

L'exercice de l'homéopathie comme homéopathe est reconnu comme relevant de la médecine. Un homéopathe est par conséquent obligatoirement un médecin. Il peut avoir un diplôme universitaire d'homéopathie délivrée par les facultés de pharmacie, mais ce n'est pas une obligation légale. L'exercice médical de l'homéopathie, jusque là toléré, s'est vu consacré depuis 1997 par le conseil de l'ordre des médecins.

Comme certains médicaments, les remèdes homéopathiques peuvent être prescrits par des professionnels de santé non-médecin comme les dentistes, les sages-femmes ou les kinésithérapeutes.

Les remèdes homéopathiques sont commercialisés en pharmacie. Ils sont néanmoins en vente libre sans ordonnance. Suite à la transposition de la directive européenne en droit français, les préparations homéopathiques sont soumises à une autorisation de mise sur le marché (AMM), mais contrairement aux médicaments allopathiques, la demande peut ne pas comporter d'étude clinique.

Les médicaments homéopathiques, quoique bon marché, ont subi les restrictions sur les dépenses de santé et leur taux de remboursement a été baissé à 35%.

Au Canada

En 2003, le contexte réglementaire fédéral a changé : l'homéopathie entre dans la catégorie des produits de santé naturels tout en gardant un numéro d'enregistrement (DIN).

Dangers de l'homéopathie

Les médicaments homéopathiques sont le plus souvent reconnus comme dépourvus d'effet secondaire. Cependant, certaines formes, surtout les granules, contiennent des excipients à effet notoire (lactose, saccharose)  ; les personnes ayant une intolérance à ceux-ci doivent par conséquent prendre des précautions.

Comme tout médicament, les remèdes homéopathiques ont des indications précises. Toute utilisation selon des principes n'obéissant pas strictement aux règles de l'homéopathie, hormis qu'elle sera vouée à un échec thérapeutique ou à une rechute rapide, peut par conséquent conduire à l'aggravation de la maladie. A titre d'exemple, certains homéopathes déconseillent vivement la prise d'Hepar Sulfur lors d'une otite [18], [19] : selon ces auteurs, une aggravation de la maladie du patient, pouvant aller jusqu'à l'abcès du cerveau, est envisageable quand la technique homéopathique est mal maîtrisée. Mais, hormis la prescription d'un remède inadapté, le choix de la dilution peut être lui-même responsable d'une réaction intempestive : cela s'observe souvent avec Sulfur, remède censé ramener les maladies profondes vers la peau (à un niveau pathologique supposé par conséquent moins grave) et peut exacerber notablement ou provoquer des affections cutanées, surtout des eczémas, s'il est administré d'emblée à de hautes dilutions à un sujet sensible (sujet sensible signifiant que le patient correspond bien aux critères du remède).

Ces affirmations, en provenance de ceux qui connaissent la méthode homéopathique, et qui s'en méfient, sont reconnues par de nombreux détracteurs de l'homéopathie comme incorrectes, car elles auraient, selon eux, entraîné une régulation plus rigoureuse de la distribution de ces médicaments.

Cependant, le plus grand danger de l'homéopathie vient du fait que ces traitements peuvent retarder, ou faire ignorer, des soins médicaux valables. Cette absence de soins appropriés peut alors avoir des conséquences graves pour le malade. [20], [21], [22], [23].

Il y a peu de temps, l'emploi de l'homéopathie pour se prémunir contre le Paludisme aurait eu des conséquences graves. [24], [25]

Controverses

Les controverses sur l'homéopathie portent principalement sur trois questions :

  1. L'homéopathie a-t-elle un effet supérieur à celui d'un placebo ?
  2. Les solutions fortement diluées (presque toutes celles de la pharmacopée homéopathique) peuvent-elles avoir un effet biologique, tandis que la chimie nous apprend qu'à ces dilutions, il n'existe statistiquement plus de molécule de la teinture mère.
  3. Lors des dilutions extrêmes on introduit de multiples impuretés aléatoires par l'intermédiaire de l'eau de dilution et des matériels utilisés. Ces impuretés sont plus importantes que les molécules actives (en quantité et en actions éventuelles?). Que penser alors de la reproductibilité des préparations ?

Au sujet de l'efficacité de l'homéopathie

Les médecins homéopathes et les sympathisants indiquent que des millions de patients et de nombreux médecins dans le monde en font un usage régulier, et constatent un effet positif. Ils précisent aussi que les homéopathes utilisent depuis Hahnemann des placebos qui leur permettent d'éviter de donner une substance active à des patients malgré tout anxieux, qui ne comprendraient pas qu'on ne leur prescrive qu'une prise par mois par exemple. Les pathogénésies ont rapidement été effectuées en simple, puis en double aveugle[citation nécessaire].

Une majorité des médecins non homéopathes, de nombreux scientifiques et les opposants ne reconnaissent aucune valeur spécifique aux médicaments homéopathiques. Ils considèrent que les récentes méta-analyses prouvent que l'homéopathie ne possède pas d'effets supérieurs à celui d'un simple placebo[26].

D'aucuns disent que Hannemann serait en quelque sorte le découvreur de l'effet placebo.

Études cliniques

Actuellement, la réglementation française impose que l'efficacité d'un médicament soit prouvée par des essais cliniques réalisés en double aveugle : l'effet du médicament est comparé à celui de son placebo ou d'un médicament existant, sans que le médecin ni le patient ne sachent lequel est prescrit.

Pendant longtemps, arguant du principe d'adaptation au patient, les homéopathes ont rejeté la méthodologie ordinaire de test d'efficacité (en effet, le test en double aveugle est basé sur la constitution d'un groupe de patients présentant la même maladie, tandis que l'homéopathie entend soigner des patients et non traiter des maladies). Cela subsiste dans l'attitude des homéopathes qui estiment que les études cliniques, négatives comme positives, ne reflètent en rien la pratique de l'homéopathie, car elles ne respectent pas le principe de l'individualisation du remède : les homéopathes considèrent par conséquent qu'elles ne permettent de tirer aucune conclusion sur l'efficacité réelle des remèdes homéopathiques qu'ils prescrivent.

En théorie, une méthodologie de test équivalente et adaptée à l'homéopathie est envisageable, cependant elle est plus complexe à mettre en œuvre. Le principe d'adaptation du soin au patient est en effet au cœur de l'homéopathie, de sorte qu'on ne peut pas former à l'avance un lot de patients qui doivent tous être traités de la même façon. On peut imaginer cependant une comparaison des effets de l'homéopathie comme méthode thérapeutique comparé à un placebo, en laissant à un panel d'homéopathes le choix du traitement homéopathique à administrer à chaque patient, ce dernier étant remplacé par un placebo pour certains patients choisis aléatoirement (à l'insu des patients et des médecins, en accord avec le principe du double aveugle). On peut en outre, si le panel de patient est assez large et si on souhaite particulièrement observer l'effet d'un produit homéopathique, analyser exactement les résultats pour les patients qui auraient dû recevoir ce produit (seul ou en association, toutes dilutions confondues). On peut peut-être se limiter a priori à une maladie spécifique ou, comme auparavant indiqué pour une préparation homéopathique, s'intéresser a posteriori aux pathologies. Dans l'ensemble des cas, pour que les résultats soient statistiquement significatifs, il faut disposer au départ de la plupart de patients, bien plus grand que pour une étude classique, ce qui explique la difficulté de l'exercice.

Notons qu'en médecine comme dans l'ensemble des sciences, chacun doit apporter la preuve de ses arguments. L'initiative revient par conséquent aux laboratoires fabriquant des produits homéopathiques.

Quoi qu'il en soit, un certain nombre d'études cliniques plus classiques ont été réalisées, certaines aboutissant à des résultats favorables, d'autres concluant à un effet comparable à celui d'un placebo. Cependant, les études favorables portent de façon assez systématique sur un petit nombre de patients (assez aux tailles d'échantillon utilisées dans le cas des médicaments de la médecine conventionnelle). Ces études, quoiqu'elles permettent d'affirmer l'existence d'un effet supérieur à celui d'un placebo, ne peuvent conclure à un effet particulièrement supérieur en terme quantitatif : même si la préparation homéopathique guérit plus fréquemment que le placebo, la différence d'efficacité est particulièrement faible. De plus, les études portant sur un petit nombre de patients sont plus sensibles aux erreurs de mesure que celles utilisant la plupart de patients : un diagnostic erroné parmi 10 patients peut suffire à changer complètement la conclusion de l'étude, contrairement au cas d'une étude basée sur 1 000 patients.

Étude de 1985 sur le rétablissement du transit intestinal après une opération intra-abdominale

Une étude en double aveugle a été lancée en 1985 sous l'impulsion du Ministre des affaires sociales français Georgina Dufoix ; elle portait sur l'étude de l'opium et du raphanus sur le rétablissement du transit intestinal après une opération intra-abdominale, auprès de six cents personnes. Certains homéopathes participèrent à ce travail (c'est même suite aux travaux de deux d'entre eux, les Pr Chevrel et Aulagnier, que fut choisi le modèle d'étude). Les résultats, publiés dans The Lancet en 1988, n'ont montré aucune différence avec le placebo. Pour certains homéopathes, ces résultats négatifs étaient prévisibles car l'étude ne respectait pas le principe de l'adaptation du traitement au patient qui est , selon eux, principal dans la méthode homéopathique.

Un groupe de huit chercheurs de nationalités suisse et britannique dirigé par le docteur Aijing Shang (département de médecine sociale et préventive, université de Berne) a effectué une analyse des publications médicales de 19 banques électroniques, comparant l'effet placebo à l'homéopathie et l'effet placebo à la médecine conventionnelle. Les résultats de cette étude ont été publiés dans The Lancet[27]. Il ressort de cette analyse que

Ceci n'a pas surpris les opposants à l'homéopathie, qui incluent la majorité des scientifiques et des médecins (non homéopathes), ainsi qu'en témoigne le communiqué du 24/06/2004 de l'Académie de médecine française [8].

Remarque méthodologique

Pour mieux comprendre le débat sur l'efficacité de la thérapeutique homéopathique, il faut en fait prendre en compte deux méta-analyses publiées dans le Lancet.

Ainsi, en août 2005, le Lancet publie une méta-analyse de Aijing Shang et coll. dont la conclusion semble en effet trancher le débat sur l'efficacité des médicaments homéopathiques : «Les effets de l'homéopathie ne sont pas significativement différents de l'effet placebo»[26].

Une précédente méta-analyse publiée dans le Lancet en septembre 1997 par Klaus Linde et coll. [28] concluait, elle , que «Les résultats de notre méta-analyse ne sont pas compatibles avec l'hypothèse selon laquelle les effets cliniques de l'homéopathie sont totalement dus à l'effet placebo.» Mais ajoutait que, du fait de la faible qualité méthodologique, des études devraient en premier lieu reproduire les résultats annoncés.

Le Lancet publie en novembre 2007 les résultats de 5 méta-analyses. Les résultats sont confirmés : pas d'effet significativement différent d'un effet placebo lorsque les études respectent les critères méthodologiques.

Il faut s'attarder légèrement sur la méthodologie des recherches étudiées par ces méta-analyses. Les études retenues devraient être des études randomisées en double-aveugle, et contre un placebo, adaptées à la pharmacologie qui fait partie des piliers de la médecine conventionnelle. Lorsque les méta-analyses soulèvent des «faiblesses méthodologiques», c'est que cette approche n'a pas été scrupuleusement observée. Un autre biais est aussi fréquemment mentionné : le biais de publication qui fait que, en particulier pour les médecines alternatives, les «essais qui ne marchent pas» ne sont pas obligatoirement rapportés : Mais il faut admettre que c'est aussi, assez fréquemment, le cas des essais cliniques conventionnels[29].

Les partisans de l'homéopathie mettent en avant l'argument suivant. L'un des paramètres des études randomisées conventionnelles est l'obligation de répartir les patients en groupes nosologiques (diagnostiques) bien définis : par exemple asthme, bronchite chronique obstructive, infarctus du myocarde, etc. selon des critères qui relèvent exclusivement du dispositif étudié, ici la médecine conventionnelle. Or, un des principes est l'adaptation au patient. Il est par conséquent contraire aux principes de l'homéopathie d'étudier l'efficacité de tel ou tel remède pour l'«asthme», ou la «bronchite chronique» généralement. La majorité des études cliniques consacrées à l'homéopathie souffrent cependant de ce biais constitutionnel. Il n'est par conséquent pas surprenant qu'elles donnent des résultats contradictoires, de même que les méta-analyses qui les reprennent. Ces considérations sont développées dans un article publié en 2002 : «Médecine intégrative et recherche systémique sur les effets thérapeutiques : Enjeux de l'émergence d'un nouveau modèle pour les soins primaires». [30] Cet article relativise, selon les partisans de l'homéopathie, la pertinence des conclusions qu'on peut tirer de ce type de méta-analyse, que ce soit en faveur ou en défaveur de l'homéopathie. Elles peuvent contribuer au débat sur l'homéopathie lequel, de toute évidence, est loin d'être clos, à la lumière de cette méta-méta-analyse.

A noter que les indications des remèdes (et non pas "médicaments") homéopathiques font quelquefois effectivement référence à la nosologie conventionnelle, comme par exemple à un "asthme", ou à un "angor", mais ces "maladies" doivent être analysées et caractérisées par des modalités propres à un patient déterminé.

Explication par l'effet placebo

Les études citées auparavant considèrent l'effet des médicaments homéopathiques comme de même niveau que celui du placebo auquel ils étaient comparés. Cela veut dire en pratique qu'on observe occasionnellementun progrès effective de l'état du patient mais que cette amélioration ne peut pas être reliée de manière probante au traitement en lui-même.

De nombreux scientifiques et médecins assimilent par conséquent l'homéopathie à un support de l'effet placebo : le simple fait de présenter un produit ou une méthode comme un traitement suffit à lui conférer réellement une efficacité. L'effet placebo est observé dans tout type de traitement, y compris conventionnel : par exemple, les antibiotiques conditionnés dans des gélules rouges sont plus efficaces, et on est soulagé par l'absorption d'une aspirine ou d'un cachet de paracétamol en l'espace de dix minutes tandis que ce dernier est toujours dans l'estomac.

Notons que l'effet placebo marche aussi sur les nourrissons et les animaux domestiqués.

Quels que soient les mécanismes (mal connus) en œuvre derrière cet effet, il est reconnu par la majorité de la communauté scientifique comme une explication de l'efficacité de l'homéopathie (et, d'une façon plus générale, de toute méthode accordant une attention au sujet à traiter, y compris la consultation classique au cabinet médical). Pour certains homéopathes, l'effet placebo ne peut pas tout expliquer : par exemple les guérisons obtenues par des traitements faits à l'insu des malades. En l'absence d'études en double aveugle pour ces exemples, il est impossible de trancher car l'effet placebo peut jouer indirectement, par exemple en rassurant les parents d'un nouveau-né ou l'éleveur des animaux traités, ce qui influence positivement les malades. L'effet placebo peut aussi, dans ces circonstances, influer non pas le sujet mais bien sur l'observateur (on parle alors de «biais d'observation»). A titre d'exemple, l'observateur donne des soins à son animal domestique et s'attend par conséquent à un obtenir un résultat positif. Ses observations seront alors biaisées suivant les attentes et l'observateur aura alors tendance à voir, subjectivement, un progrès de l'état de l'animal simplement parce que c'est ce qu'il désire. C'est une autre forme de l'effet placebo expliquant pourquoi des gens peuvent affirmer avoir obtenu des résultats satisfaisants d'un traitement sur des nouveau-nés, des animaux et même des plantes. Cet effet est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle seules les études en double aveugle sont reconnues valables. L'observateur ignorant ce qu'il donne, son jugement ne sera plus biaisé selon le traitement donné.

Explication par la gestion de la relation patient / thérapeute

On a particulièrement tôt remarqué que les médecins homéopathes apportent une attention énorme à l'établissement d'une relation solide entre le patient et son thérapeute : de nombreuses études ont montré que le temps consacré à chaque patient peut beaucoup être doublé comparé à une consultation classique.

Pour les détracteurs de l'homéopathie, l'effet principal de celle-ci résiderait alors non pas dans le médicament, simple positionnébo, mais dans l'accompagnement médical lui-même. Un certain nombre d'homéopathes insistent eux-mêmes vivement sur l'importance de la conversation avec le patient qui sert à choisir le meilleur médicament homéopathique dans la panoplie existante, conversation qui, quand elle a lieu, pourrait expliquer une grande part de le perfectionnement ressentie des symptômes.

Le développement de cette idée relationnelle, sans rapport avec l'homéopathie cette fois-ci, conduira aux groupes Balint.

Dans son ouvrage La vraie nature de l'homéopathie[31], Thomas Sandoz explore la piste de l'anthropologie médicale et soutient, en se basant surtout sur la notion de coping, que l'homéopathie peut être assimilée à un rituel de conjuration profane efficace faisant écho à la médecine orthodoxe.

Dilution

Le médicament homéopathique est obtenu par une succession de dilutions d'une teinture mère. La plus utilisée, la dilution par 100 est notée CH pour centésimal hahnemannienne, et se comprend par la formule suivante : n dilutions CH = 100-n = 10-2n dilutions soit une concentration en produit actif divisée par 102n. Par exemple : 12 CH = 1/1 000 000 000 000 000 000 000 000 ou 10-24 de la concentration d'origine.

Potentialisation de la dilution centésimal selon hahnemann
Dilution Échelle Expression Exemples/Commentaire
1DH 0, 1 1 : dix 1 dl (un verre de vin) dans 1 litre d'eau
1CH 0, 01 1 : cent 1 centilitre d'eau dans 1 litre d'eau
2CH 0, 0001 1 : 10 milles 1 millilitre d'eau dans 10 litres d'eau
3CH 0, 000001 1 : 1 million 1 millilitre d'eau (soit 1cm3) dans 1 mètre cube d'eau (1000 litres)
4CH 0, 00000001 1 : 100 millions 0, 25 litre (un demi de bière) dans 25000 m3 d'eau, soit 10 piscines olympiques de 50m de longueur, 25m de largeur et 2m de profondeur)
5CH 0, 0000000001 1 : 10 milliards Le même verre de bière dans 1000 piscines olympiques aux mêmes dimensions
7CH 0, 00000000000001 1 : 100 billions 8, 9 décilitre (∼1 litre) d'eau dans le lac Léman
9CH 0, 000000000000000001 1 : 1 trillion 1, 32m3 d'eau dilué dans la totalité des océans de la terre (1 320 000 000 km3)
12CH 0, 000000000000000000000001 1 : 1 quadrillion 11, 5CH donne une molécule d'eau dans 3 grammes d'eau (ex.  : dé à coudre). Au-delà de cette dilution, il n'y a statistiquement plus aucune chance qu'une molécule active soit présente dans la solution (voir nombre d'Avogadro)
15CH 0, 000000000000000000000000000001 1 : 1 quintillion Une molécule d'eau dans 30 tonnes d'eau (30m3 d'eau, un camion-citerne)
30CH 0, 000000000000000000000000000000
000000000000000000000000000001
1 : 1 décillion 1 litre d'eau dans la galaxie de la Voie lactée (voir aussi les ordres de grandeurs)
40CH 0, 000000000000000000000000000000
0000000000000000000000000000000
0000000000000000001
1 : 100 trédécillions Une molécule d'eau dans la totalité de l'univers observable (la masse de l'univers est estimé à à peu près 1080 atomes)
200CH 1x10-400 1 :10400 Dilution du remède populaire contre la grippe Oscillococcinum

Pour avoir le nombre de DH, multiplier par deux le nombre de CH. Exemple : 1 CH = 2 DH ; 3 CH = 6 DH ; etc.

Le calcul permet par conséquent de prouver qu'à partir d'un certain nombre de dilutions, selon la préparation d'origine, la solution ne contient statistiquement plus de molécules actives.

Cette absence de «molécule active» forme l'argument essentiel des opposants à l'homéopathie pour contester la possibilité d'un effet autre que celui du placebo (comprenant sucre). D'un autre coté, l'homéopathie ayant été développée au XIXe siècle, aucune théorie n'existait pour expliquer son mode d'action. Par conséquent, les laboratoires financèrent des recherches dans ce sens qui aboutirent sur la théorie de la mémoire de l'eau selon laquelle l'eau pouvait garder les propriétés de substances qu'on y a diluées même en l'absence de ces substances, proposée par Jacques Benveniste en 1988[32].

En outre, le domaine des dilutions extrêmes est pour le moins particulièrement délicat à appréhender ainsi qu'à maîtriser par les physico-chimistes spécialistes des ultra-traces. Ainsi, des erreurs méthodologiques grossières ont été remarquées dans les travaux du Dr Benveniste visant à prouver l'effet des hautes dilutions [33].

Cependant, une expérience menée en 2001 montra que dans certains liquides tels que l'eau les molécules extrêmement diluées se rassemblaient en agrégats, ce qui relança la controverse sur les effets de l'homéopathie[34].

Succussion

Le fait de «dynamiser» une solution diluée en l'agitant (succussion) n'a pas de fondement scientifique et ne permet pas de prouver l'utilité thérapeutique d'une telle préparation. L'unique résultat de l'opération nommée «succussion» est d'homogénéiser et d'aérer le liquide. La solution hautement diluée peut être contaminée (érosion des parois du récipient, désorption, etc. ) et rendre la composition des liquides obtenus imprévisible [35].

En pratique, la pureté du solvant n'est jamais absolue. Les produits en solution dans ce solvant subissant le même traitement de dynamisation que le principe actif d'origine, il faut par conséquent expliquer pourquoi ce cocktail n'a pas un effet sensible dans la préparation du médicament.

L'homéopathie moderne admet la nature moléculaire de la matière qui sous-tend le raisonnement indiqué au-dessus (les théories moléculaires vérifiées expérimentalement sont postérieures à la formulation de l'homéopathie par Hahnemann). Elle a par conséquent cherché à expliquer une efficacité en l'absence des substances originellement introduites dans la préparation, surtout en postulant que l'eau garderait une mémoire des solutés après même que toute trace en aurait disparu. D'autres travaux in vitro visant à expliquer l'éventuel mode d'action d'une solution extrêmement diluée sont régulièrement entrepris depuis l'affaire de la mémoire de l'eau, mais sans résultats définitivement acceptés.

Finalement, même en acceptant l'idée d'une éventuelle mémoire de l'eau ou d'une modification des propriétés chimico-physiques du solvant par le fait d'agiter fortement et longuement une solution, il faut constater que la grande majorité des préparations homéopathiques se prennent sous forme de granules.

Le fait que les granules, à base de sucre de canne ou d'un mélange de saccharose et de lactose, soient imprégnés par la préparation et puis séchés implique implicitement l'existence d'un transfert de la valeur thérapeutique du remède de la dilution dynamisée au sucre qui ne contient plus d'eau après séchage.

On peut se poser la question scientifique de savoir comment la dynamisation peut se transmettre aux molécules de sucre, être stockée dans le sucre sec puis être restituée lors de la dilution dans la salive du patient sous la langue pour pénétrer via les muqueuses de la bouche dans l'organisme à soigner ! Les granules dont le poids et la porosité sont soigneusement contrôlés sont absorbés par voie buccale et sublinguale (en laissant fondre sous la langue).

À ce sujet, Hahnemann lui-même remarquait dans un opuscule sur le traitement homéopathique de la scarlatine[7], que la prise de la préparation homéopathique avec du sucre la rendait inefficace :

«En général, il est invraiidentique combien ce médicament, de même que tout autre, perd de sa force quand on le fait prendre sur du sucre, par exemple, ou qu'après l'avoir instillé dans une liqueur, on ne remue pas celle-ci. Mais il ne faut pas non plus, après avoir remué la dose, la laisser plusieurs heures sans l'administrer : le véhicule, ainsi tranquille, subit toujours quelque peu de décomposition, ce qui affaiblit ou même détruit les médicaments végétaux mêlés avec lui.»

On constate que la pratique homéopathique moderne est bien éloignée des préconisations d'Hahnemann.

Similitude

Selon les tenants de l'homéopathie, ce principe déjà cité par Hippocrate (Ve siècle av. J. -C. ) aurait mené à quelques thérapeutiques connues et efficaces dont la quinine dans le traitement du paludisme. Néanmoins, la découverte de la quinine provient en réalité d'une démarche empirique d'imitation des peuples d'amérique et surtout des incas qui l'utilisaient contre la malaria. Aucun élément ne sert à croire que les incas avaient forgé un concept tel que celui de similitude.

On cite aussi fréquemment la vaccination (où on administre un agent infectieux afin d'apprendre au corps à se défendre). Cette découverte était bien fondée à l'époque sur un principe de similitude ; elle résultait d'une observation : la résistance à la variole des garçons et filles de ferme, exposés à une maladie bovine et n'existait pas encore alors de théorie sous-jacente. Les travaux de Pasteur et le développement de l'immunologie ont clarifié les choses depuis.

La vaccination et le médicament homéopathique changent cependant sur des points notables :

  • le vaccin relève de la prophylaxie (immunité active) en entraînant le dispositif à se défendre contre un mal futur alors que le médicament homéopathique est fréquemment utilisé en thérapie, une fois le mal installé ; contre-exemple bien connu toutefois : la vaccination antirabique, qui a lieu après la contamination (mais avant que celle-ci ne gagne les centres nerveux).
  • Le vaccin est appliqué de manière semblable à tout un chacun, non de façon adaptée à tel ou tel patient ; ce dernier, d'ailleurs, n'étant pas généralement malade, ne présente pas non plus de symptôme spécifique qui guiderait le médecin qui suivrait le principe homéopathique d'adaptation du traitement au patient.
  • Différence de nature du produit actif : la vaccination utilise des produits liés à la cause de la maladie (microbes ou virus désactivés ou partie reconnaissable par le dispositif immunitaire)  ; l'homéopathie utilise un produit produisant le même type de symptôme sur le patient ;
  • Différence de dose : l'efficacité du vaccin peut fluctuer d'un individu à un autre, mais la dose est calibrée pour provoquer une réaction correcte du dispositif immunitaire sur la majorité des vaccinés ; le produit homéopathique est , lui, administré en une quantité le plus souvent énormément plus faible, censée influencer fortement l'efficacité.
  • Le mécanisme d'action de la vaccination est connu, et non celui de l'homéopathie ; la vaccination fut cependant utilisée bien avant qu'une quelconque théorie des agents infectieux ne fût développée.

L'homéopathie fut formulée à une époque où on ne comprenait pas pourquoi la vaccination avait un effet, et dans ce cadre, les propositions d'Hahnemann avaient un sens qu'elles ont perdu depuis. Voir aussi l'article Culte du cargo.

Au cours du XXe siècle, on élucida le mode d'action de l'ensemble des thérapeutiques rappelant le principe des identiques; l'homéopathie resta mystérieuse, en partie parce que son action n'était pas elle-même évidente. Le hasard ou une observation attentive ont pu se montrer plus féconds que le principe des identiques.

Il convient aussi de souligner que ce principe, néenmoins une des pierres angulaires de l'homéopathie, n'est pas respecté par bon nombre de médicaments homéopathiques. A titre d'exemple, mercurius, une dilution de mercure (en supposant qu'une telle dilution soit envisageable, le mercure étant insoluble dans l'eau ou l'alcool), est recommandé pour le traitement de problèmes buccaux et dentaires. Or, le mercure, dont la toxicologie est bien connu, ne cause pas les symptômes dont on lui attribue le traitement. Ce médicament ne respecte par conséquent pas le principe de similitude.

Politique économique

La France, comme la majorité des pays développés à l'exception des États-Unis (où l'homéopathie a d'ailleurs presque complètement disparu) possède un dispositif public et obligatoire d'assurance-maladie, financé en partie par la CSG et en partie par les cotisations assises sur le travail (tandis qu'il est financé par l'impôt dans la majorité des pays européens)  ; l'évaluation de l'efficacité des médicaments pris en charge par la collectivité y est particulièrement en retard comparé aux autres pays développés : avec la Belgique, elle est l'unique pays développé où les médicaments homéopathiques sont toujours remboursés par la collectivité, en dépit du fait que l'Académie de Médecine, constatant qu'aucune étude clinique n'a pu prouver une quelconque efficacité de l'homéopathie et qu'aucun test en double aveugle n'a été accompli, a demandé le 7 septembre 2004 l'arrêt du remboursement des médicaments homéopathiques, reprenant ainsi les conclusions de 11 avis successifs de la Commission de la Transparence du Médicament et celui de la Cour des Comptes.

Qui plus est , en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Grèce, en Finlande, aux Pays-Bas, il n'est pas indispensable d'être médecin pour exercer l'homéopathie ; en Suède, cette activité est formellement interdite aux médecins.

En France, l'activité homéopathique est florissante : Boiron est la 116e plus grande fortune, et Pierre Fabre, second actionnaire des laboratoires Boiron, la 17e fortune de France. Côté allopathie, selon la même source, Jacques Servier [en] 11e et Mérieux (bioMérieux) en 29e.

Sources
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais intitulé «Homeopathy».

Liens externes

Bibliographie

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Analyse critique de l'homéopathie

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    • Alain Horvilleur, L'homéopathie pour mes enfants, éd. Hachette et Livre de Poche, 1984, 2005
    • Hedwig Imhaüser, Manuel d'homéopathie pratique en pédiatrie, éd. Le courrier du livre, 1982
    • Robert Jousse, Protégez vos enfants par l'homéopathie, éd. J. Peyronnet, 1967
    • Herman Leduc, L'homéopathie à l'écoute de l'enfant, éd. Didier Hatier, 1986
    • Herman Leduc, Pourquoi soigner votre enfant par homœopathie, éd. Didier Hatier, 1991
    • Herman Leduc, Dictionnaire d'homeopathie pédiatrique, éd. Didier Hatier, 1990
    • Herman Leduc, Pourquoi je soigne mon enfant par homéopathie, éd. Marabout, 1991 (même texte que Pourquoi soigner votre enfant par homéopathie)
    • Gérard Pacaud, Soigner ses enfants par l'homéopathie et les oligo-éléments, éd. Philippe Lebaud, 1991
    • A. Valette, Homéopathie infantile pratique, éd. Maisonneuve, 1978
  • Ophtalmologie
    • Odette Boujard-Duflo, Ophtalmologie homéopathique, éd. Le François, 1979
  • Gériatrie
    • Centre d'études et de documentation homéopathiques, Pratique homéopathique en gériatrie, Les entretiens du CEDH
  • Gastro-entérologie
    • Centre d'études et de documentation homéopathiques, Pratique homéopathique en gastro-entérologie, Les entretiens du CEDH, 1982
  • Livres grand public
    • Alain Horvilleur, [12] Le guide familial de l'Homéopathie, éd. Hachette et Livre de Poche, 1981, 2005

Notes et références

  1. En France, l'Académie nationale de médecine considère que «L'homéopathie est une méthode imaginée il y a 2 siècles à partir d'a priori conceptuels dénués de fondement scientifique.»
  2. En termes d'automatique, on parlerait d'une non-linéarité de la réponse à une sollicitation. Dans les dispositifs physiques, ces non-linéarités sont la règle, mais on n'y observe pas généralement de disproportions de l'une à l'autre sur huit ordres de grandeur.
  3. http ://www. psychomedia. qc. ca/pn/modules. php?name=News&file=article&sid=3781
  4. http ://archsurg. ama-assn. org/cgi/content/full/133/11/1187 Efficacy of Homeopathic Arnica, A Systematic Review of Placebo-Controlled Clinical Trials, E. Ernst, MD, PhD, FRCP (Edin) ; M. H. Pittler, MD, Archives of Surgery 1998;133 :1187-1190
  5. http ://homeoint. org/journal/jour9811/a14. htm Le magazine La Recherche de juin 1998 mentionne un sondage IPSOS mené en 1997 et qui donne un taux de 36%.
  6. Versuch über ein neues Prinzip zur Auffindung der Heilkräfte der Arzneisubstanzen, nebst einigen Blicken auf die bisherigen, (Hufelands Journal der practischen Arzneykunde, 1796).
  7. abc Organon der Heilkunst (1810) Le principe est de soigner «le mal par le mal». Pour se faire, on dilue dans une grande quantité d'eau un extrait de la substance à l'origine du mal ou qui le symbolise de manière scientifique ou non. Pour soigner l'impuissance, on utilise par exemple un extrait de champignon dont la forme rappelle celle d'un pénis au repos. L'homéopathie n'a jamais obtenu de résultats prouvant son efficacité aux yeux de la science qui reconnait cependant son intérêt psychologique de placebo pour le patient. Hahnemann publia cinq éditions dont la dernière en 1833 ; une sixième édition, inachevée, fut découverte après sa mort mais ne fut pas publiée avant 1921. L'Organon fut publié en de nombreuses langues dont le français : Exposition de la doctrine médicale homœopathique, ou Organon de l'art de guérir. Cinquième édition, en français, 1845, consultable sur le site de la Bibliothèque nationale de France
  8. ab communiqué du 24/06/2004 de l'Académie de médecine française
  9. Oscillococcinum : un remède de choc, Dr. Nicole Curé, Cahiers du Groupement Hahnemannien du Docteur P. Schmidt, publié sous la direction du Docteur J. Baur, 29e série - N°10 - 1992
  10. Fiche Oscillococcinum sur le Vidal
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  13. Samarasekera U, Pressure grows against homœopathy in the UK, Lancet, 2007; 370 :1677-1678
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  15. Chapitre 4, 5.4 & Chapitre 8, 4.2 du Cahier des charges concernant le mode de production et de préparation biologique des animaux et des produits animaux définissant les modalités d'application du règlement CEE n° 2092/91 modifié du Conseil et/ou complétant les dispositions du règlement CEE n° 2092/91 modifié du Conseil, Version consolidée, Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales, 28 août 2000 [1]
  16. http ://www. sciencepresse. qc. ca/archives/2006/cap3001062. html
  17. directive 2001/83/CE et amendements
  18. Paul Chavanon, Thérapeutique ORL homéopathique (1935) , éditions Similia, 1989.
  19. James Tyler Kent, La science et l'Art de l'homéopathie (1900) , éditions Maisonneuve, 1969.
  20. l'information est citée par le journal metro du 8 septembre 2006
  21. Kerywan, mort de faim L'Express, 30 mai 2005
  22. Un fait divers ? Éditorial de l'AFIS
  23. Carlsson T, Bergqvist L, Hellgren U. Homeopathic Resistant Malaria. J Travel Med. 1996; 3 (1)  : 62 [2]
  24. Malaria advice "risks lives" : Some high street homeopaths claim they can prevent malaria, a Newsnight investigation has found, Meirion Jones, Newsnight, BBC, Thursday, 13 July 2006.
  25. Homœopathy may not be effective in preventing malaria, Pascal Delaunay, BMJ, 2000 November 18, 321 (7271), 1288, PMID 11082104
  26. ab (en) The End of Homeopathy? Time, le 4 octobre 2005. «The Lancet published a massive study that compared the results of 110 trials of homeopathy with the same number of trials of conventional medicine. The conclusion : benefits attributed to homeopathy were, at best , placebo effects. »
  27. Aijing Shang, Karin Huwiler-Müntener, Linda Nartey, Peter Jüni, Stephan Dörig, Jonathan AC Sterne, Daniel Pewsner and Matthias Egger, Are the clinical effects of homœopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homœopathy and allopathy, The Lancet, 366 : 726-732, 2005. [3] (en)
  28. Linde K., Clausius N., Ramirez G., Melchart D., Eitel F., Hedges V. L., Jonas W. B., Are the clinical effects of homeopathy placebo effects ? A meta-analysis of placebo-controlled trials, The Lancet, 1997
  29. Michel de Lorgeril, «Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament !», Thierry Souccar éditions, 2007
  30. Médecine intégrative et recherche systémique sur les effets thérapeutiques : Enjeux de l'émergence d'un nouveau modèle pour les soins primaires» (Iris R. Bell et coll. Arch. Intern. Medicine /Vol. 162, Jan 28, 2002 American Medical Association, pp. 133-140, la «bible» des internistes)
  31. La vraie nature de l'homéopathie, Thomas Sandoz, Presses Universitaires de France, 2001
  32. Davenas, E., F. Beauvais, J. Arnara, M. Oberbaum, B. Robinzon, A. Miadonna, A. Tedeschi, B. Pomeranz, P. Fortner, P. Belon, J. Sainte-Laudy, B. Poitevin & J. Benveniste (1988) "Human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE", Nature, 333 (6176)  :816-18. Article original
  33. «La mémoire de l'eau», épisode extravagant de l'ordinaire pratique scientifique, Danchin, A., 1998
  34. "Bizarre chemical discovery gives homeopathic hint", Andy Coghlan Article original
  35. Vandecasteele & Block, 1997 : Modern Methods for Trace Element Determination, Quevauvillier, 2002 : Water Quality Measurements

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