Kallawaya

Kallawaya, selon les interprétations et la langue employée, veut dire «pays des médecins», «habitants de la terre sacrée» ou «porteurs de médicaments.



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Culture péruvienne - Médecine traditionnelle - Médecine non conventionnelle

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  • La santé serait par conséquent un état complet à travers lequel l'homme peut s'exprimer... Un des aspects fondamentaux de la culture Kallawaya est l'étroite relation... (source : sorciere-d-antibes.over-blog)

Kallawaya, selon les interprétations et la langue employée (quechua ou aymara), veut dire «pays des médecins», «habitants de la terre sacrée» ou «porteurs de médicaments.» Ce terme sert à désigner une population andine qui s'est spécialisée dans la pratique de la médecine traditionnelle. Ce sont des guérisseurs itinérants.

Médecin du corps... guérisseur de l'âme

Ils sont connus pour être des voyageurs énigmatiques, portant croix d'argent, sacs chargé de plantes décorés avec des monnaies. Ils ont une réputation de sages médecins, aux pouvoirs magiques, gitans des Andes, sorciers lisant l'avenir, les Kallawayas ont toujours suscité la crainte ou l'admiration. Le mystère sur les Kallawayas est renforcé par la langue propre des hommes médecins.

Énormément de questions se posent sur leurs origines, leur relation avec les Incas, leur culture, leur cosmovision... et quelques réponses ont été apportées dans les années 60 par des chercheurs Boliviens comme Oblitas Poblete, Otero ou le français Louis Girault.

Les recherches sur le volet ethnologique et ethnomédecine ont été réalisées par le Bolivien Bastien (70-80) et l'allemande Ina Rösing (87-90)... mais la question des origines des Kallawaya n'a pas été abordée. Cependant, ces chercheurs donnaient une définition commune sur le terme Kallawaya :

A savoir :

Si cette définition était valable dans les années 60, 70, elle ne l'est plus tellement actuellement. L'ensemble des Kallawayas actuels ne maîtrisent pas les savoirs des plantes de manière identique, ils ne dispensent peu ou plus leurs soins de manière itinérante et tous ne parlent pas la langue sacrée. Il y a actuellement énormément de «naturistas» basés à La Paz ou dans les grandes ville. Les apports du français Thierry Saignes (83-91) ont pu éclairer l'Histoire des Kallawayas, surtout en soulevant l'existence d'un ancien territoire préhispanique, remodelé par les Incas dans l'ancienne province Incaïque Calabaya mais aussi les travaux de Torero (1987) sur la composition de la langue Kallawaya, fusion entre le puquina et le quechua.

Celui qui porte les plantes sur son dos

Situé au nord de la Bolivie, province Bautista Saavedra, ce sont les médecins voyageurs qui sont à l'origine du nom de la population Kallawaya : Kallawaya veut dire en quechua "celui qui porte des plantes sur le dos" Ils sont connus depuis toujours pour avoir été les médecins officiels de la noblesse Incaïque, et pour leurs voyages à travers le monde andin, et au-delà, pour soigner, guérir, échanger ou vendre leurs préparations. Actuellement, les Kallawaya ont une pratique et une connaissance plus ou moindre de l'usage des plantes, des rituels de soins et de la cosmovision qui leur est propre. Les Kallawaya, comme énormément de peuples andins, dialoguent avec les éléments naturels. Ils savent écouter et interpréter les manifestations et les changements de la nature. Les manifestations physiques, comme les changements de couleurs de la montagne, la présence de tel ou tel oiseau, la disposition des étoiles... sont des repères pour la vie de l'ensemble des jours. La nature immense de la cordillère des Andes abrite des divinités et des esprits. Lorsque ceux-ci se manifestent, les hommes savent leur parler, pour apaiser leur colère ou solliciter une faveur par les prières, les rituels, la musique, les dons partagés…La Pachamama, la «Terre Mère» en Quechua, est la source de l'ensemble des formes de vie. L'Homme n'est qu'un prolongement naturel de la Pachamama.

Le concept de santé chez les Kallawaya

Pour les Kallawaya, la santé (bonne ou mauvaise) est un état global de l'être où se mélange la psychologie et le physique de l'individu, et la relation de ce même individu avec son environnement social et naturel. La santé serait par conséquent un état complet à travers lequel l'homme peut s'exprimer conjointement aux autres Hommes.

Dans le monde Andin, la définition de la santé vient d'une ressemblance entre le corps humain et les différents aspects de la Nature. C'est un bien-être où nous retrouvons un équilibre entre l'homme et la terre, les animaux, les communautés, l'accomplissement et le respect des coutumes. C'est à partir de ce concept que la santé se décline comme un facteur d'intégration de l'individu.

Environnement et Santé

En Bolivie, la région Kallawaya s'étale sur trois niveaux écologiques :

A. Les forêts sub-tropicales, 1700-2700 m d'altitude (pre-yungas) où on cultive agrumes, coca, canne à sucre… B. Les hautes vallées, 2700-3800 m d'altitude où on trouve céréales, légumes et plusieurs sortes de pommes de terre. (Villages Kallawaya) C. L'altiplano, 3900-4400 m d'altitude, zone désertique et aride où on pratique l'élevage de lamas et d'alpacas.

Un des aspects fondamentaux de la culture Kallawaya est l'étroite relation entre les villages de ces étages écologiques et les échanges que les habitants de ces villages réalisent entre eux, non seulement au niveau social et économique, ainsi qu'au niveau des rituels. La vision Kallawaya de la santé est fortement liée à une alimentation de produits venant d'altitudes et climats différents, ainsi qu'aux relations avec les paysans d'où proviennent ces aliments.

La santé : un équilibre complexe entre l'homme et la terre

Pour les Kallawaya, chaque élément de la nature est une personne à part entière, et a une identité propre. Les montagnes, les lacs, la pluie, le soleil, les plantes, les animaux... etc., tous sont des éléments vivants. Ils ont un nom, une famille, une maison... Certains de ces sites naturels sont des lieux sacrés.

D'après les Kallawaya pour être en bonne santé, "il faut donner à manger la montagne". C'est une image qui montre la recherche d'un équilibre vital entre les Hommes et la Terre au travers des rituels et des offrandes, sorte de repas donné à la Pachamama. Dans ces rituels, les trois niveaux écologiques sont représentés : Fœtus et graisse de lama pour l'altiplano, des œillets pour les hautes vallées, du coton et des feuilles de coca pour la région sub-tropicale. Chaque étage écologique doit être représenté par un groupe d'aliments pour que la montagne soit satisfaite est donne la santé aux hommes.

Au-delà de l'aspect ethno-folklorique du concept de santé, cette relation symbolique entre les hommes et ces niveaux écologiques offre une alimentation assez complète et variée, facteur essentiel pour prévenir les maladies.

En effet, c'est bien dans la prévention que se situe toute la force de la médecine Kallawaya. Ainsi, l'origine de la maladie ne se cherche pas seulement dans l'organisme du patient, mais dans la totalité de ses relations avec son travail, sa famille, ses activités quotidiennes…

La culture Kallawaya est classée au patrimoine mondial de l'Humanité depuis 2003

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 24/08/2009.
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