Macrobiotique

La macrobiotique, quelquefois improprement nommé " zen macrobiotique " à la suite du titre d'un ouvrage de son auteur, est le terme qui définit l'enseignement créé par Georges Ohsawa et diffusé ensuite par ses étudiants.



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  • L'aliment principal de la macrobiotique est la céréale, et surtout le riz (complet et ... car cet aliment est le plus équilibré entre Yin et Yang.... (source : fr.ekopedia)
  • Le principe de base de la macrobiotique est le respect de l'équilibre entre les aliments yin et les aliments yang, équilibre qui fluctue selon le sexe... (source : lacitoyennete)
  • La macrobiotique est une philosophie basée sur le Yin / Yang. Avant la macrobiotique, ma vie alimentaire était assez chaotique, mes 3 enfants n'ont pas cesser... (source : forum.aufeminin)

La macrobiotique (du grec «μακρός», grand et «βίος», vie), quelquefois improprement nommé "zen macrobiotique" à la suite du titre d'un ouvrage de son auteur [1], est le terme qui définit l'enseignement créé par Georges Ohsawa (1893-1966) et diffusé ensuite par ses étudiants.

Il s'agit d'un dispositif philosophique et pratique qui cherche à traduire, en langage moderne, l'ancien «principe unique» oriental, appelé principe du Yin et du Yang par les Chinois. Selon Ohsawa, ce principe se trouverait à l'origine de la science et de l'ensemble des philosophies et religions d'Extrême-Orient, et son application permettrait résoudre les problèmes concrets de l'existence.

Le trait d'union entre la philosophie et la pratique se ferait surtout par l'alimentation. Pour Ohsawa, si on se nourrit à partir de ce principe (qui expliciterait les lois de la nature) l'organisme s'harmoniserait, rendant le jugement plus clair et capable de mieux percevoir la réalité, c'est-à-dire, les lois de la nature elles-mêmes.

La fondation : le Principe Unique

Selon ce principe, qu'Ohsawa appelle aussi le «principe du monisme polarisable», le monde matérialisé est une manifestation de l'Un ou Illimité indifférencié. Ce dernier, à un certain moment, se sépare en deux : une force dilatatrice (Yin) et une force constrictive (Yang)  ; ainsi, par le biais de ce contraste, l'Illimité se manifeste mais devient relatif, divisé. Ces deux forces cherchent cependant à se réunifier en permanence pour recréer l'unité perdue (car selon cette philosophie, étant opposées, elles s'attirent, chacune possédant ce qui manque à l'autre) et , par leurs interactions, créent l'ensemble des phénomènes du monde manifesté ou rélatif.

Puisque ce phénomène serait éternel, le monde relatif et l'Illimité non-manifesté seraient la même chose, se trouvant dans une étape différente mais simultanée d'évolution. Cette vision comporte par conséquent les notions d'unité de toutes choses, de continuité ininterrompue et de changement perpétuel.

On retrouve ces notions et quelquefois cette expression («Principe Unique» ou «Le Principe») dans la majorité des courants philosophiques orientaux (voir taoïsme, bouddhisme mahayana et zen, vedanta, soufisme…).

Le mécanisme de création

Une galaxie en spirale

D'après Ohsawa, selon cette cosmologie, toute manifestation ou création suit un mécanisme en spirale, qui s'explique comme suit :

L'Un est «expansion illimitée». [2] Lorsqu'il se divise, la force constrictive rencontre l'opposition de la force expansive, mais étant nourrie en permanence par cette «expansion», elle essaye de continuer à avancer. Entravée par la force opposée, son mouvement dévie et plie; puisque ce phénomène est constant, elle se replie de plus en plus sur elle-même et naît ainsi une spirale centripète ou de création.

Lorsque l'énergie qui s'enroule arrive au centre de la spirale, elle explose et retourne vers l'Illimité sous forme de spirales centrifuges où le rapport de forces est le contraire (la force dilatatrice domine). Ceci serait le phénomène de la radiation.

A mesure qu'elle se déroule, la force d'expansion s'affaiblit et celle de constriction redevient dominante ; alors, une nouvelle spirale centripète peut se créer. Ce serait le mécanisme éternel de l'univers : toute chose se crée et se détruit en même temps.

Ohsawa explique que la spirale de création évolue en traversant diverses étapes. La force centripète, qui se concentre de plus en plus, réussit à un certain moment à dépasser la résistance rencontrée : un bond se produit, ce qui la fait avancer de façon logarithmique. Par ce bond, la qualité de la manifestation change : elle devient plus «tangible», c'est la naissance de l'énergie. L'énergie continue à se resserrer à son tour et , en suivant le même processus, finira par se manifester d'une manière plus proche de la matière : c'est le monde des particules pré-atomiques. Ce monde-là se concentre aussi chaque fois davantage et , à sa fin, apparaissent les éléments. Le monde minéral évolue et , toujours une fois, la quantité changeant la qualité, il se transforme en monde organique, celui des végétaux. Et l'évolution de ces organismes végétaux finit par créer le monde animal.

Selon cette vision, l'homme se trouve au centre de la spirale : à travers lui, pour la première fois dans ce processus, la vie matérialisée à partir de l'Illimité, peut penser, c'est-à-dire qu'elle peut comprendre le processus en lui-même. L'homme serait par conséquent un «porteur de vie» avec la spécificité de pouvoir acquérir la conscience ; grâce à lui, la vie pourra retourner vers son origine enrichie de cette conscience obtenue à travers un vécu unique[3].

Source : L'Ere Atomique et Le Principe Unique de la Philosophie et de la Science d'Extrême-Orient, de Georges Ohsawa.

Yin et Yang

Ohsawa caractérise Yin et Yang de la façon suivante :

Yang est la force centripète, force de contraction, de constriction, de pression, de cohésion. Yang produit le son, la chaleur, la lumière, des radiations rouges, l'activité, ce qui est sec, lourd, dur, les formes ramassées, trapues.

Yin est la force centrifuge, force d'expansion, de dilatation, de dilution. Yin est source du silence, du froid, de l'obscurité, produit les radiations violettes, la passivité, ce qui est léger, mou, les formes élancées, verticales.

Yin et Yang sont les deux faces d'une seule et unique chose ; les deux se trouvent toujours présentes dans chaque phénomène, mais il y en a toujours une qui domine l'autre. On dira tandis que quelque chose «est Yin» ou «est Yang» lorsque on discernera quelle est la force dominante.

Toute chose est équilibrée en elle-même. La classification est relative : pour pouvoir juger si quelque chose est Yin ou Yang on doit la comparer à une autre. A titre d'exemple, on dira «qu'une carotte est plus Yang qu'une salade, mais plus Yin qu'une céréale». Concernant les aliments, on les classifie en tenant compte de la composition de notre sang (en particulier selon le rapport K / Na). Pour éviter des erreurs, Ohsawa conseille de prendre en compte divers critères simultanément, comme la forme, la couleur, la composition chimique, le tropisme, etc.

Le Yang et le Yin dérivent l'un de l'autre : les régions froides produisent des animaux et des végétaux Yang ; réciproquement, les animaux et les végétaux issus de régions Yang, autrement dit chaudes, sont Yin. De même, l'ovule produit par le sexe féminin Yin, est Yang, tandis qu'inversement, le spermatozoïde produit par le sexe masculin Yang, est Yin.

D'après cette vision, ce sont Yin et Yang qui modèlent les formes, font qu'un corps soit lourd ou léger, qu'il ait une certaine couleur, une certaine composition chimique, etc.

Expressions physiques de Yin et Yang :
  Yin Yang
Tendance Expansion Contraction
Position Extérieur Intérieur
Structure Espace Temps
Direction Ascendante Descendante
Couleur Violet Rouge
Température Froid Chaud
Poids Léger Lourd
Elément Eau Feu
Atome Electron Proton
Chimie K, O, Ca, N, S, P, Si, etc Na, H, C, Mg, As, Li, Hg, Ur
Selon le domaine biologique :
  Yin Yang
Règne Végétal Animal
Végétaux Légumes Céréales
Nerfs autonomes Sympathique Parasympathique
Mouvement Féminin Masculin
Goût Piquant, acide, doux Salé, amer, alcalin
Vitamines C, B2, B12, Pp, B1, B6 D, K, E, A

Source : La Philosophie de la Médecine d'Extrême-Orient, de Georges Ohsawa et Le Livre de la Macrobiotique, de Michio Kushi.

L'ordre de l'Univers

Le taijitu : symbole de l'ordre de l'Univers

Au moyen de 7 «lois» et des 12 «théorèmes» qui en découlent, Ohsawa veut résumer les principes qui, selon la cosmologie extrême-orientale, forment «l'ordre de l'Univers», c'est-à-dire, le fonctionnement du monde manifesté.

Georges Ohsawa explique dans son ouvrage L'Ere Atomique (p. 54-55)  :

«L'Ordre de l'Univers est gouverné par sept principes qui forment la logique universelle. Ces principes sont dans un premier temps dynamiques ; c'est pourquoi ils sont contraires à la logique formelle qui est statique. Ils peuvent être appliqués à n'importe quel domaine, à n'importe quel niveau de vie ainsi qu'à l'ensemble des choses existant dans l'univers de relativité. De plus, ils peuvent unifier l'ensemble des antagonismes.

La logique formelle est rigide, c'est un simple instantané de la vie et de l'univers illimité, par conséquent illimitétésimalement analytique sans vouloir ni savoir. Alors que la logique universelle est une image vivante de toute vie et de toute chose. La logique formelle détruit la continuité : le principe d'identité, le principe de contradiction et le principe du tiers-exclu nous montrent uniquement une image statique, finie, une image emprisonnée dans le monde statique, déterminé, de l'apparence, construite sur nos sens ou nos instruments. En réalité, toute chose en ce monde change sans cesse d'une extrémité à l'autre. Rien n'est stable ou constant dans ce monde relatif

Les sept lois de l'ordre de l'Univers

  1. Tout ce qui a un commencement a une fin.
  2. Tout ce qui a une face a un dos.
  3. Il n'y a rien de semblable.
  4. Plus grande est la face, plus grand est le dos.
  5. Tout antagonisme est complémentaire.
  6. Yin et Yang sont les classifications de toute polarisation. Ils sont antagonistes et complémentaires.
  7. Yin et Yang sont les deux bras de l'UN (Illimité).

Les douze théorèmes du Principe Unique (complètent les sept lois et définissent le fonctionnement du monde de la relativité)

  1. Yin-Yang sont deux pôles qui entrent en jeu lorsque l'Expansion illimitée se manifeste au point de bifurcation.
  2. Yin-Yang sont produits continuellement par l'Expansion transcendante.
  3. Yin est centrifuge, Yang est centripète. Yin et Yang produisent l'énergie.
  4. Yin attire Yang et Yang attire Yin.
  5. Yin et Yang combinés en proportion variable produisent l'ensemble des phénomènes.
  6. Tous les phénomènes sont éphémères, ce sont des constitutions illimitément complexes et constamment changeantes des composants Yin et Yang. Toute chose est sans repos.
  7. Rien n'est complètement Yin, ni complètement Yang, même dans le phénomène le plus simple apparemment. Chaque chose contient la polarité à l'ensemble des étages de sa composition.
  8. Rien n'est neutre. Yin ou Yang est en excès en chaque cas.
  9. La force d'attraction est proportionnelle à la différence des composants Yin et Yang.
  10. Yin repousse Yin et Yang repousse Yang. La répulsion est inversement proportionnelle à la différence des forces Yin et Yang.
  11. Avec le temps et l'espace, Yin produit Yang, et Yang produit Yin.
  12. Tout corps physique est Yang en son centre et Yin en surface.

Source : La Philosophie de la Médecine d'Extrême-Orient et L'Ere Atomique et la Philosophie d'Extrême-Orient de Georges Ohsawa.

Le jugement

Comme on l'a vu, selon cet enseignement, la finalité de l'homme est de développer sa conscience ou jugement :

D'après Ohsawa n'importe qui a, habituellement, la capacité de percevoir les choses d'une manière globale ou «suprême», d'aller au-delà de la vision dualiste tout en unifiant les contraires dans un seul phénomène, composé d'une «face» et d'un «dos». Or, cette capacité «suprême» se trouve généralement «endormie» ou «voilée» car on l'a empêchée de se développer librement (à cause de l'éducation, d'une alimentation inadaptée, etc. ).

Si on part du postulat que Yin et Yang forment une seule chose, comme les deux faces de la même pièce, cela veut dire qu'en réalité il n'y a que «Un». Mais l'homme, être matérialisé - par conséquent faisant partie d'un monde relatif, ne peut percevoir qu'une des deux faces à la fois, sauf s'il retrouve la capacité de saisir avec son jugement global, celui qui n'est pas divisé, qui appartient à l'Illimité lui-même. C'est à dire, le jugement de l'Amour absolu, celui qui unifie tout (en japonais et en chinois on pourrait traduire l'ensemble des «do» ou «tao» par «voie qui mène vers l'unité»).

Ohsawa explique que tant qu'on n'a pas atteint l'étape «suprême» on vit avec les «bas jugements», ou étapes partielles du jugement, c'est-à-dire qu'on a une vision dualiste et irréelle de toute situation (voir la notion de «mâyâ» selon la philosophie indienne). Ceci dit, comme le jugement se développe en spirale à travers ces diverses étapes, chacune fait quand-même partie du jugement suprême. C'est à dire, chaque «bas jugement» est le jugement «suprême» à un certain stade de son évolution.

Jacques Skalka[4], un disciple de Georges Ohsawa, l'explique ainsi : fonctionner avec les bas jugements c'est fonctionner selon son caractère, en se prenant soi-même ou ses affinités comme point de référence ; fonctionner avec le jugement suprême, c'est atteindre un stade où les lois de l'ordre de l'Univers sont la référence. Et il ajoute que la macrobiotique peut permettre de fonctionner provisoirement comme si on avait déjà le jugement suprême dévoilé, car elle offre une approche intellectuelle de cet ordre universel.

Les étapes de l'évolution du jugement, selon Georges Ohsawa, sont les suivantes :

  1. Mécanique ou aveugle : On réagit de manière automatique : contraction par le froid, dilatation par la chaleur...
  2. Sensorielle : On réagit et juge les choses selon ce qu'on trouve agréable ou désagréable.
  3. Sentimentale : On juge si une chose est bonne ou mauvaise à travers les sentiments.
  4. Intellectuelle : Prise de conscience de l'interrelation qui existe entre le monde extérieur et soi.
  5. Sociale : On tient compte des autres pour considérer si quelque chose est convenable ou non.
  6. Idéologique : Prise de conscience d'une notion de «morale».
  7. Suprême ou Globale : On connaît et vit la «Justice» (les «lois universelles»), devenant ainsi un homme libre, capable de «créer» sa propre vie.

Source : Le Principe Unique de la Philosophie et de la Science d'Extrême-Orient, de Georges Ohsawa.

L'alimentation selon la macrobiotique

Fu avec oniguiri et tonjiru
Article détaillé : Alimentation macrobiotique.

L'alimentation macrobiotique comme technique se veut une application pratique et logique du Principe Unique. Selon ce dernier, le développement humain (tant physique que mental et spirituel) devrait se réaliser de lui-même d'une manière naturelle. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'on l'en empêche.

Tout ce qui vit se nourrit et chaque être a besoin d'une alimentation adaptée. Et, selon cette vision du monde, il existerait certains aliments spécifiques pour l'homme, comme être qui peut accéder à la conscience.

L'alimentation macrobiotique est par conséquent une technique qui prétend nourrir l'organisme de la façon la plus juste envisageable, sans manques ni excès (selon les notions de Yin et Yang), pour que ce dernier puisse se développer librement, tout en lui servant à s'adapter aux vicissitudes qu'il devra traverser.

Comme les situations changent en permanence, appliquer l'étude de Yin et Yang à l'alimentation sert à l'adapter constamment, selon l'activité, l'âge ou les objectifs de chacun, par exemple. Il n'y a par conséquent pas d'interdit alimentaire, uniquement une adaptation à chaque cas spécifique. Ohsawa insiste fortement sur le fait que «la pratique sans la théorie est dangereuse, mais la théorie sans la pratique est inutile», et il propose 10 régimes équilibrés, allant du plus large au plus strict.

Source : Le Zen Macrobiotique, de Georges Ohsawa.

Santé et maladie

Selon cette philosophie, il n'existe qu'une seule maladie universelle, l'arrogance, qui est l'expression extrême de l'égocentrisme ; l'ensemble des autres maladies n'en seraient que les manifestations. L'égocentrisme implique un manque de vision d'ensemble : on se considère scindé du reste. Cette vision dualiste implique, infailliblement, que chaque décision prise dans la vie, à l'ensemble des niveaux, sera dirigée par le caractère, lequel ne tient pas compte que s'il y a «la face», il y a «le dos». Cela se traduira par un déséquilibre à l'ensemble des niveaux, dont les conséquences affecteront en premier lieu l'organisme puis se répercuteront sur le comportement et le jugement. Lorsque «le dos» finira par se manifester, ce sera la «maladie».

Ainsi, ce que d'habitude on nomme «maladie», n'est , selon la vision macrobiotique, qu'une réaction naturelle du corps pour se rééquilibrer. Pendant ce processus, il élimine les excès nocifs ; c'est ce qu'on nomme les «symptômes». Pour l'aider, la macrobiotique préconise de lui faire au maximum confiance, par conséquent d'intervenir au minimum en attendant la fin de «l'élimination». C'est à ce stade qu'on peut appliquer un régime curatif, qui consiste à manger assez strictement, selon un certain équilibre Yin-Yang, en sorte de ne pas nourrir la maladie tout en facilitant le «nettoyage» naturel de l'organisme[5].

Cependant, la Macrobiotique curative fait aussi appel à divers remèdes externes ainsi qu'à l'usage d'aliments spécifiques, basés sur la médecine traditionnelle extrême-orientale et sur les propres découvertes de Georges Ohsawa, lequel expérimenta sur lui-même les effets de nombreux aliments.

Concernant la santé, la définition qu'en donne la macrobiotique change aussi sensiblement de celle généralement admise. Selon cette logique, si la «maladie» est l'arrogance, la «santé» est le contraire, c'est-à-dire l'humilité (pas simplement au niveau du comportement, mais comme état profond). Ohsawa propose sept conditions pour déterminer si on jouit de la santé, en spécifiant que la septième est aussi importante que les six premières réunies.

Les sept conditions de la santé

  1. Pas de fatigue (Ne jamais être amené à dire «ceci est impossible, c'est trop complexe». )
  2. Bon sommeil (Pouvoir récupérer totalement avec quatre à six heures de sommeil. )
  3. Bon appétit (Pouvoir apprécier, avec plaisir et reconnaissance, un bout de pain ou légèrement de riz complet. )
  4. Bonne mémoire (Pouvoir se rappeler tous ceux qui nous ont aidés pendant notre vie et même avant. )
  5. Bonne humeur (Arriver à considérer que tout et n'importe qui est agréable. )
  6. Rapidité de jugement et d'action (Pouvoir agir de manière juste et précise lorsque c'est nécessaire. )
  7. Justice (Expérimenter le sentiment permanent de gratitude. )

Source : Le Zen Macrobiotique de Georges Ohsawa.

Origines

Dans la Grèce antique, on utilisait déjà le mot «macrobiotique» pour désigner une méthode naturelle de santé et de longévité[6]. En 1796, un médecin allemand rédigé un traité sur la santé où il préconise une vie saine et une bonne alimentation, intitulé Makrobiotik[7]. Georges Ohsawa adopte cette expression en 1938 pour occidentaliser le nom de son enseignement.

En Orient, habituellement, on a toujours établit une relation entre l'alimentation, la spiritualité et la santé (autant personnelle que sociale). Dans les monastères Zen japonais, par exemple, se pratiquait un régime appelé Shojin Ryori, qui était «la cuisine qui perfectionne le jugement».

Au Japon, le docteur Sagen Ijizuka (18501909) peut être reconnu comme le pionnier de la transcription de ces connaissances respectant les traditions en langage scientifique. Avant lui, d'autres auteurs avaient entamé cette voie, surtout l'érudit Ekiken Kaïbara (16301716), dont les rédigés ont été réunis dans un ouvrage intitulé Yojokun (Conseils pour la Longévité).

Georges Ohsawa

Georges Ohsawa
Article détaillé : Georges Ohsawa.

Un des grands buts de Georges Ohsawa était d'unifier la pensée matérialiste occidentale avec celle plus métaphysique de l'Orient, en considérant que cela pourrait résoudre les conflits de l'humanité. Toute sa vie fut par conséquent une course contre la montre pour essayer de démontrer, avec l'ensemble des moyens à sa disposition, la portée et l'utilité pratique de son enseignement. Poussé par cette urgence, son enseignement fut toujours exprimé sans concessions.

Il insista en particulier sur l'obligation impérative d'étudier la dialectique Yin-Yang et , en même temps, de pratiquer pour vérifier par soi-même, ce qui impliquait une forte notion de «travail sur soi». Pour lui, l'objectif premier était le dévoilement du jugement, car en ayant une vision plus «juste» on aurait la capacité de comprendre plus globalement n'importe quelle situation et questionnement. Et d'agir, ou pas, librement et en toute connaissance de cause.

L'après-Ohsawa

Après la disparition d'Ohsawa, la macrobiotique a été diffusée essentiellement comme méthode alimentaire capable d'apporter une bonne santé.

Vers la moitié des années 1970, elle s'est répandue essentiellement avec Michio Kushi (1926), un disciple de Georges Ohsawa installé à Boston, États-Unis. Kushi a développé un enseignement plus consensuel, collaborant avec de nombreux organismes officiels (Ministère de la Santé américain, associations de médecins, etc. ) et a insisté sur son aspect diététique et curatif. Il a divulgué aussi un «régime standard» macrobiotique, facile à adopter sans trop de connaissances, et y a associé d'autres disciplines (do-in, shiatsu) et théories (comme celle chinoise des cinq éléments) pour favoriser l'accès à un public plus large.

En France, dans les années quatre-vingt, à cause de «l'affaire Roger Ikor»[8] (un écrivain français dont le fils, qui avait pratiqué la macrobiotique, se suicida), cet enseignement fut assimilé à un mouvement sectaire. Actuellement, cependant, il jouit d'une meilleure image, ses thèses sur la santé et l'alimentation étant de plus en plus relayées par les médias (surtout à travers les revues féminines, qui vantent ses vertus amincissantes). [9]

La macrobiotique, en particulier comme diète pour la santé, jouit d'une bonne acceptation dans les pays d'influence anglo-saxonne et nordiques (Pays-Bas, Flandres, Allemagne... ) [10] et , depuis déjà un certain nombre d'années, elle est devenue un phénomène de mode aux États-Unis, grâce aux nombreux pratiquants qu'elle compte parmi les vedettes du show-biz. [11]

Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, elle a commencé à se répandre fortement dans les pays de l'ancien Bloc de l'Est. [12]

Quelques enseignants macrobiotiques connus

Ont créé des centres d'études : Herman Aihara (19201998) aux États-Unis, Tomio Kikuchi (1926) au Brésil, Michio Kushi (1926) aux États-Unis, René Lévy en France, Lima Ohsawa (18981999) au Japon, Mario Pianesi en Italie, Françoise Rivière (19162006) en France, Jacques Skalka (19412002) en Belgique.

Et aussi : Jean Baudry (a réalisé diverses études à partir de l'enseignement d'Ohsawa), William Dufty (19162002) (écrits et traductions en anglais), Jacques Mittler (1937) (a rédigé des ouvrages de vulgarisation), Marc Van Cauwenberghe (collaborateur de Michio Kushi ; compilation de conférences et de textes dispersés d'Ohsawa), Mauricio Waroquiers (traducteur et éditeur des ouvrages macrobiotiques en espagnol), Clim Yoshimi (ancien secrétaire d'Ohsawa, traducteur en français, éditeur de la revue Ignoramus).

Œuvres de Georges Ohsawa

Editées par la Librairie philosophique J. Vrin, Paris (entre parenthèses : année de la première édition)  :

  • Le Principe Unique de la Philosophie et de la Science d'Extrême-Orient (1931)
  • La Philosophie de la Médecine d'Extrême-Orient (1956)
  • L'Ère Atomique et la Philosophie d'Extrême-Orient (1962)
  • Le Zen Macrobiotique (1961)
  • La Vie Macrobiotique (1937), avec une Méthode d'Éducation (1966)
  • Le Cancer et la Philosophie d'Extrême-Orient (1964)
  • Jack et Mme Mitie en Occident (1957)
  • 4000 ans d'Histoire de la Chine (1943)
  • L'Acupuncture et la Médecine d'Extrême-Orient (1934)
  • Le Livre des Fleurs (1931)
  • Deux Grands Indiens au Japon (1954)

Autres éditeurs :

  • Aide-mémoire macrobiotique, Centre Macrobiotique de Belgique
  • Lettres Ignoramus, CIMO, Paris
  • Conférences, CIMO, Paris
  • Le Livre du Judo (1942), CIMO, Paris (distribué par Vrin)
  • Clara Schumann (1948), Kusa, Gand
  • Gandhi, un Enfant Eternel (1953), Trédaniel, Paris

Autres auteurs

  • Professeurs C. Morishita et K. Chishima : Vérité et Secret du Cancer, Centre Macrobiotique de Belgique
  • Dirk Benedict : Confessions d'un Cow-boy Kamikaze
  • William Dufty : Le Sucre, cet ami qui vous veut du mal, Trédaniel, Paris
  • Jean Baudry : Cours Tao
  • Jean Baudry : Etude de l'Homme – Traditions d'Orient et d'Occident – Gnose, Alchimie, Tao
  • Herman Aihara : Ce que nous enseignent les saumons et autres essais
  • Hubert Descamps : Hippocrate avait raison, Trédaniel, Paris
  • René Lévy : Nouvel Hippocrate, article paru dans la revue Le Nouveau Planète, n° 16, mai 1970.
  • Michio Kushi : Le Livre de la Macrobiotique, Trédaniel, Paris
  • Michio Kushi : Le Livre du Diagnostique Oriental, Trédaniel, Paris
  • Jacques Mittler : Introduction à la Macrobiotique, Editions Dangles
  • Revues Polarité (Jacques Skalka, éditées par le Centre Macrobiotique de Belgique)
  • Revues Ignoramus (Françoise Rivière et Clim Yoshimi, éditées par le C. I. M. O., Paris)

Notes et références

  1. "La macrobiotique quelquefois toujours qualifiée, à tort, de Zen macrobiotique. Cette théorie alimentaire (... ) ne possède par conséquent que fort peu de rapports avec le Zen si ce n'est que ce fut un groupe d'adeptes de cette méthode qui invita en France, en Juillet 1967, le Maître Taisen Deshimaru qui fut à l'origine du développement de la pratique de la méditation Zazen en France. La confusion, ou l'amalgame, entre Zen et macrobiotique fut par conséquent entretenue pendant plusieurs années tandis qu'il s'agit bel et bien de deux choses particulièrement différentes. Le Zen, ou Chan, fait partie intégrante du Bouddhisme. La macrobiotique est une théorie philosophico-alimentaire basée sur la conception Yin/Yang, par conséquent plus ou moins taoïsante, amplement revue et corrigée par son créateur"Sur Tao-Yin
  2. Dans l'hindouisme, la conception philosophique de brahman veut dire, littéralement, "expansion"
  3. Par «vie», on entend ici l'Illimité non-manifesté lui-même, la partie complète et non-divisée qu'il y aurait en chacun de nous et dans toute chose.
  4. Jacques Skalka a fondé le Centre Macrobiotique de Belgique et édité la revue Polarité.
  5. Le «régime curatif», autrement dit, provisoirement restrictif, est la cause d'une certaine image négative de la macrobiotique, fréquemment assimilée à ce seul régime. De plus, son application sans les connaissances correctes peut s'avérer problématique occasionnellemen.
  6. Hippocrate utilise le mot «macrobiotique» et Hérodote parle des «Macrobiens », peuple mythique qui jouît d'une grande longévité habitant l'Est de l'Afrique.
  7. Christoph Wilhelm Hufeland (17621836).
  8. Point de vue de Roger Ikor dans son interview dans le journal "L'unité" (1981)  : "J'affirme que mon fils n'était pas un tempérament suicidaire et qu'il a été conduit au suicide par une secte : le zen macrobiotique (... ) j'ai retrouvé les menus qu'il suivait (sans parler des périodes de jeûne) selon les prescriptions du macrobiotique (... ) C'était un régime gravement carencé et surtout aprotéiné (... ) Sur ce tract le macrobiotique prétend guérir l'ensemble des maladies, mêmes les maladies incurables ! C'est du charlatanisme, de l'exercice illégal de la médecine. [1]
  9. Article dans la revue Elle, Article dans belle-belle-belle. com, Article dans Flair, Article dans Femme Actuelle
  10. Du fait, en particulier, des étudiants de Michio Kushi, qui ont créé d'influents centres macrobiotiques à Boston, Anvers, Amsterdam et Londres, entre d'autres.
  11. Gwyneth Paltrow et Madonna, par exemple, ou John Lennon et Yoko Ono
  12. Centres créés en Roumanie, Serbie, Tchéquie et Ukraine, entre d'autres.

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :




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